History of the Peloponnesian War

Thucydides

Thucydides. Histoire de la Guerre du Péloponnése. Bétant, Élie-Ami, translator. Paris: Librairie de L. Hachette, 1863.

Telle était la marine des Grecs dans l’antiquité et à des époques plus rapprochées de nous. Néanmoins les villes qui avaient des flottes se rendirent doublement puissantes, et par les revenus qu’elles en tiraient, et par leur supériorité sur les autres cités; au moyen de leurs vaisseaux, elles subjuguaient les îles, surtout quand leur propre territoire ne suffisait pas à leurs besoins. Sur terre il ne s’alluma aucune guerre d’où pût résulter quelque agrandissement. Parfois des voisins en vinrent aux mains les uns avec les autres ; mais les Grecs ne formèrent aucune expédition lointaine dans un esprit de conquête. On ne

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voyait point les petits États se grouper sous la sujétion des plus grands ni se réunir pour former des entreprises communes; il n’y avait que des luttes partielles et de voisinage. Une seule fois la Grèce se partagea en deux camps opposés : ce fut dans la guerre que se firent jadis les Chalcidéens et les Érétriens[*](Chalcis et Érétrie, villes principales de l’Eubée, se firent la guerre au sujet de la plaine fertile de Lélanton. Les Milésiens soutinrent Érétrie, les Samiens Chalcis. L’époque de cette guerre est approximativement fixée à l’an 800 av. J. C. ).

Quelques États rencontrèrent des obstacles à leur développement. Les Ioniens, par exemple, étaient parvenus à un degré éminent de prospérité, lorsque Cyrus, à la tête des Perses, après avoir renversé Crésus et soumis toute la contrée comprise entre le fleuve Halys et la mer, attaqua et réduisit en esclavage les villes du continent[*](Les villes grecques d’Asie Mineure. Le fleuve Halys (Kisil-Irmak) formait la limite orientale de l’empire de Crésus. Il sort du mont Antitaurus, coule au nord et se jette dans le Pont-Euiin, en séparant là Paphlagonie et le Pont. ). Ensuite Darius, à la faveur de la marine phénicienne, subjugua pareillement les îles.