History of the Peloponnesian War
Thucydides
Thucydides. Histoire de la Guerre du Péloponnése. Bétant, Élie-Ami, translator. Paris: Librairie de L. Hachette, 1863.
Le peuple ne put d’abord entendre parler d’oligarchie sans un vif déplaisir ; mais quand Pisandros lui eut clairement démontré que c’était le dernier moyen de salut, d’une part la crainte, de l’autre l’espoir que ce changement ne serait que temporaire, le décidèrent à céder. On décréta que
Pisandros se mit en rapport avec toutes les associations qui existaient dans la ville pour les élections et les procès[*](On a souvent assimilé ces associations aux clubs politiques et aux sociétés secrètes des États modernes. Elles avaient peu d’analogie avec les uns et avec les autres. C’étaient des confréries, dont les membres s’engageaient par serment à se prêter un appui mutuel, soit dans les candidatures pour les charges politiques, soit dans les affaires judiciaires, auxquelles les Athéniens étaient si fréquemment exposés. Pour ce double motif, ces associations se recrutaient dans les classes aisées, et devaient par conséquent être déjà disposées à soutenir l’oligarchie. Voyez ch. lxxxi. ). Π leur recommanda de se réunir et de se concerter dans le but d’abolir la démocratie. Enfin, après avoir pris les derniers arrangements afin d’éviter les retards, il s’embarqua avec ses dix collègues pour se rendre auprès de Tissapherne.
Le même hiver, Léon et Diomédon, après avoir rejoint la flotte athénienne, dirigèrent une attaque contre Rhode. Ils trouvèrent les vaisseaux péloponésiens tirés à sec, mirent pied à terre, défirent les Rhodiens dans un combat et s’en retournèrent à Chalcé. Cette île devint, préférablement à Cos, la base de leurs opérations. Elle leur offrait plus de facilités pour surveiller les mouvements de la flotte péloponésiênne.
Il arriva aussi à Rhode un Laconien nommé Xénophantidas, envoyé de Chios par Pédaritos. Il annonça que le fort des Athéniens était complètement achevé et que, si la flotte entière ne venait au secours de Chios, cette île était perdue. On songea donc à la secourir. Sur ces entrefaites Pédaritos, s’étant mis à la tête de ses auxiliaires et de la levée en masse de Chios, alla assaillir le retranchement élevé autour des vaisseaux athéniens. Il emporta une partie de cet ouvrage et prit quelques vaisseaux tirés à sec; mais, les Athéniens étant accourus, les Chiotes furent défaits et entraînèrent dans leur fuite le reste de farinée. Pédaritos périt avec bon nombre de Chiotes ; beaucoup d’armes furent prises. Dès lors Chios fut encore plus étroitement bloquée par terre et par mer, et la famine s'y fit cruellement sentir.
Cependant Pisandros et les autres députés athéniens, arrivés auprès de Tissapherne, ouvrirent des conférences pour se mettre d'accord. Alcibiade n’était pas tout à fait sûr de Tissapherne ; celui-ci redoutait les Péloponésiens et voulait, d’après le système d’Alcibiade lui-même, affaiblir les uns au moyen des autres. Alcibiade imagina donc de faire échôuer la négociation à force d’exigences. Tissapherne avait, je crois, les mêmes
Le même hiver, aussitôt après ces événements, Tissapherne se rendit à Caunos, dans le dessein de ramener les Pélo-ponésiens à Milet, de conclure avec eux un nouveau traité à telles conditions qu’il pourrait, de leur fournir des subsides et de ne pas se brouiller définitivement avec eux. Il craignait que, faute de subsistances pour leur nombreuse flotte, ils ne fussent contraints de livrer un combat naval aux Athéniens et n’eussent le dessous, ou que la désertion ne se glissât dans leurs équipages et ne permît aux Athéniens d’en venir à leurs fins sans avoir besoin de lui ; surtout il appréhendait qu’ils ne pillassent le continent pour se procurer des vivres. Ce fut donc par suite de ces calculs et de ces prévisions, comme aussi dans le but d’établir l’équilibre entre les Grecs, qu’il appela les Péloponé-siens, leur fournit des subsides et conclut un troisième traité dans les termes suivants :