History of the Peloponnesian War
Thucydides
Thucydides. Histoire de la Guerre du Péloponnése. Bétant, Élie-Ami, translator. Paris: Librairie de L. Hachette, 1863.
a Mais puisque nous avons rappelé ce que nous avons dit autrefois à Lacédémone, que chacun a le droit de châtier ses alliés, nous attendons de vous une décision semblable. Obligés par notre suffrage, vous ne voudrez pas nous nuire par le vôtre. Payez-nous plutôt de retour. Songez que c’est ici le moment où celui qui nous sert devient notre ami et celui qui nous
Tel fut le discours des Corinthiens. Les Athéniens écoutèrent les deux partis et tinrent à ce sujet deux assemblées. Dans la première ils inclinèrent en faveur des Corinthiens ; dans la seconde ils se ravisèrent. Ils ne voulurent pas conclure avec les Corcyréens une ligue offensive et défensive, parce que, si Corcyre venait à réclamer leur coopération contre Corinthe, le traité avec le Péioponèse se serait trouvé rompu ; mais ils formèrent avec eux une alliance défensive, s’engageant à se secourir mutuellement en cas d’attaque dirigée contre Corcyre, contre Athènes ou contre leurs alliés. On sentait bien que de toute manière on aurait la guerre avec le Péioponèse : aussi voulait-on ne pas abandonner aux Corinthiens une ville qui possédait une si forte marine ; on préférait mettre ces peuples aux prises entre eux, afin d’avoir meilleur marché de Corinthe et des autres puissances navales quand viendrait le moment de les combattre. Enfin Corcyre paraissait favorablement située sur la route de l’Italie et de la Sicile [*](Le trajet de Grèce en Sicile s’opérait en longeant la côte occidentale de la Grèce jusqu’au promontoire Acrocéraunien (cap Linguettà) en Epire. De là on traversait vers la pointe (Tlapygie en Italie (canal d’Otrante), sans perdre de vue la terre. Il était donc naturel que, dans ce trajet, on relâchât à Corcyre. ).