History of the Peloponnesian War

Thucydides

Thucydides. Histoire de la Guerre du Péloponnése. Bétant, Élie-Ami, translator. Paris: Librairie de L. Hachette, 1863.

A son retour de la poursuite, Aristéus, voyant que cette partie de l’armée avait été défaite, hésita d’abord de quel côté il tenterait de faire retraite, vers Olynthe ou vers Potidée. Le parti auquel il s’arrêta, fut de serrer sa troupe autant que possible et de se jeter à la course dans Potidée. Il y réussit, non

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sans peine, en marchant dans la mer le long de la berme[*](En termes de constructions maritimes on appelle herme ou fisberme un enrochement destiné à protéger contre les vagues le pied d’un mur baigné par la mer. ) et sous une grêle de traits [*](Potidée occupait toute la largeur de l’isthme, et ses murs étaient de part et d’autre battus par les flots. Aristéus ne pouvait pénétrer dans la ville par les portes dites de Thrace, tournées vers le continent, et apparemment fermées pour empêcher les Athéniens de s’y jeter tout d’un trait avec les fuyards. Il fut donc obligé dé gagner les portes ouvrant sur la Pallène, et pour cet effet de longer le pied du mur de la ville, en s’exposant aux traits des vaisseaux Athéniens. ). Il perdit quelques hommes, mais il sauva le plus grand nombre.

Quant au corps placé en observation en avant d’Olynthe, — cette ville s’aperçoit de Potidée, dont elle n’est éloignée que de soixante stades[*](Le stade, mesure de distances, équivaut à cent quatre-vingt-cinq mètres. Il faut huit stades grecs pour faire un mille romain. ),— lorsqu’on eut arboré les signaux et que l’action fut engagée, il fit un mouvement en avant pour y prendre part; mais les cavaliers macédoniens lui barrèrent le passage. D’ailleurs, comme la victoire se déclara promptement en faveur des Athéniens, l’armée d’Olynthe, voyant les signaux abaissés, rentra dans la place, et les Macédoniens rejoignirent les Athéniens. Ainsi des deux côtés la cavalerie ne fut pas engagée.

Après ce combat, les Athéniens érigèrent un trophée et rendirent les morts par composition. Les Potidéates et leurs alliés avaient perdu un peu moins de trois cents hommes ; les Athéniens cent cinquante, avec Callias leur général.

Aussitôt les Athéniens tracèrent des lignes et bloquèrent la ville du côté de l’isthme[*](Le mur construit par les Athéniens pour bloquer la ville du côté de l’isthme devait être double, afin d’être à l’abri des attaques du dehors. Celui qu’ils élevèrent plus tard du côté de la Pallène pouvait être simple, puisqu’il n’y avait rien à craindre de la part de la péninsule. Une fois ces murs élevés, il suffisait d’une garnison pour les défendre; le reste de Tannée devenait disponible. ) ; mais ils laissèrent libre le côté qui regarde la Pallène. Il leur semblait impossible de passer dans cette presqu’île pour y établir des lignes obsidionales, tout en continuant à garder l’isthme; se diviser ainsi, n’eût été prêter le flanc aux attaques des ennemis. Lorsqu’on sut à Athènes que Potidée n’était pas investie du côté de la Pallène, on envoya un renfort de seize cents hoplites athéniens, sous les ordres de Phormion, fils d’Asopios. Ce général arriva dans la Pallène; et, prenant Aphytis[*](Petite ville maritime, sur la côte S. O. de la Pallène. ) comme point de départ; il s’avança lentement vers Potidée en ravageant le pays. Personne ne se présenta pour le combattre, et il éleva une circonvallation du côté de la Pallène. Ainsi Potidée se trouva étroitement cernée de part et d’autre, en même temps que la flotte la bloquait par mer.