History of the Peloponnesian War

Thucydides

Thucydides. Histoire de la Guerre du Péloponnése. Bétant, Élie-Ami, translator. Paris: Librairie de L. Hachette, 1863.

Ces mesures contre Potidée furent prises par les Athéniens immédiatement après le combat naval. Les Corinthiens ne dissimulaient plus leur animosité contre Athènes, et d’un autre côté Perdiccas, fils d’Alexandre et roi de Macédoine, venait de se brouiller avec les Athéniens, après avoir été leur ami et leur allié. Ce qui l’avait indisposé contre eux, c’était Talliance qu’ils avaient conclue avec Philippe son frère, et avec Derdas [*](Neveu de Perdiccas et de Philippe.), qui s’étaient ligués contre lui. Aussi la crainte lui fit-elle envoyer des députés à Lacédémone, afin d’armer le Péloponèse contre Athènes. Il se ménageait aussi les Corinthiens, en vue de la défection de Potidée; enfin il fit faire des propositions de révolte aux Bottiéens et aux Chalcidéens du littoral de la Thrace. Il pensait que la guerre lui serait plus facile, quand il aurait pour alliés ces peuples voisins. Instruits de ces menées, les Athéniens voulurent prévenir les défections; et, comme en ce moment même ils expédiaient trente vaisseaux et mille hoplites contre Perdiccas, ils ordonnèrent à Ar-chestratos, fils de Lycomédès, et aux quatre [*](Le texte porte dix; mais ce chiffre est nécessairement fautif. Le nombre des généraux ordinaires, choisis chaque année par les Athéniens, était de dix, savoir un par tribu. Or, comme il y en aurait eu onze d’après le texte, et qu’au chap. lxi cinq nouveaux sont expédiés, il faudrait admettre la création de six généraux extraordinaires, ce qui serait sans exemple. M. Krüger a donc pensé avec assez de vraisemblance que le texte original portait Δ, c’est-à-dire quatre, chiffre qu’on aura confondu avec δέκα. De cette manière les dix généraux auraient été employés à cette expédition, vu son importance, de même qu’ils l’avaient été à celle de Samos. Voyez liv.I, ch. cxvi. ) autres commandants de cette flotte, de prendre des otages à Potidée, de raser la muraille, et de surveiller les villes voisines pour empêcher leur rébellion.

Les Potidéates envoyèrent une ambassade à Athènes pour obtenir qu’on ne prît pas de mesures nouvelles à leur égard. Ils députèrent aussi à Lacédémone, concurremment avec les

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Corinthiens, afin de s’y ménager des secours à tout événement. Mais, lorsqu’ils eurent reconnu l’inutilité de leurs longues démarches à Athènes, qu’ils virent diriger aussi contre eux la flotte destinée pour la Macédoine, qu’enfin les autorités de Lacédémone leur eurent promis d’envahir l’Attique, si Potidée était attaquée par les Athéniens, alors croyant l’instant propice, ils s’empressèrent de former une ligue avec les Chalcidéens et les Bottiéens et de se mettre en révolte ouverte. Perdiccas persuada aux Chalcidéens d’abandonner leurs villes maritimes, de les détruire et d’aller s’établir loin de la mer, à Olynthe, dont ils feraient leur place d’armes. A ces émigrants il donna, pour toute la durée de la guerre avec les Athéniens, la jouissance de terres à lui appartenant, et situées en Mygdonie, aux environs du lac Bolbé [*](La Mygdonie était une province de la Macédoine, située au N. de la Chalcidique, et détendant depuis le fleuve Axios à l'E., jusqu’au golfe Strymonique à ΓΕ.. Le lac Bolbé (aujourd’hui Beschik) se trouve dans cette province, et communique avec le golfe Strymonique par un canal. ). Ces peuples donc détruisirent leurs villes, se retirèrent dans l’intérieur et se préparèrent à la guerre.