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                    <TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"><text><body><div type="translation" xml:lang="fre" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2" n="7"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="1"><p>I. Gylippos et Pythès, partis de Tarente après avoir
réparé leurs vaisseaux, passèrent en côtoyant chez les
Locriens-Épizéphyriens. Mieux informés alors que Syracuse n’était pas entièrement investie, et qu’il était
possible d’y entrer avec une armée par Épipolæ, ils
délibérèrent s’ils prendraient la Sicile par la droite et
se risqueraient à pénétrer dans le port, ou s’ils cingleraient d’abord à gauche vers Himéra, afin de prendre
avec eux les habitants et toutes les troupes qu’ils
pourraient engager d’ailleurs, et de gagner Syracuse
par terre. Ils se décidèrent à faire voile pour Himéra,
d’autant mieux qu’on n’avait pas encore aperçu à
Rhégium les quatre vaisseaux athéniens que Nicias
s’était pourtant<note xml:lang="mul">Ce mot pourtant répond à ce que Thucydide dit, à la fin du livre précédent, du mépris de Nicias pour l’expédition de Gylippe.</note> décidé à envoyer, lorsqu’il apprit
leur présence à Locres. Ils prévinrent cette croisière,
passèrent le détroit, relâchèrent à Rhégium et à Messine et arrivèrent à Himéra. Là, ils persuadèrent aux
habitants de les seconder dans cette guerre, en se joignant à eux et en fournissant des armes à ceux de
<note xml:lang="fre" type="footnote">1 Ce mot pourtant répond à ce que Thucydide dit, à la fin du livre précédent, du mépris de Nicias pour l’expédition de Gylippe.</note>
<pb n="v.2.p.193"/>
leurs matelots qui n’en n’avaient pas; car les vaisseaux
furent tirés à sec à Himéra. Ils envoyèrent aussi prier
les Sélinonlins de les rejoindre avec toutes leurs forces
à un rendez-vous déterminé. Les habitants de Géla
et quelques-uns des Sicèles promirent également d'envoyer des troupes, mais en petit nombre. Les Sicèles
hésitaient bien moins alors à se rallier, grâce à la mort
récente d’Archonidas, prince assez puissant, ami des
Athéniens, qui régnait sur une partie des Sicèles
de ces contrées; grâce aussi aux dispositions énergiques
que Gylippos paraissait apporter de Lacédémone. Gylippos prit avec lui tous ceux de ses matelots et des
soldats de marine qui étaient armés, au nombre de
sept cents; Himéra avait fourni mille hommes, hoplites
ou troupes légères, et cent cavaliers; quelques troupes
légères et des cavaliers de Sélinonte; un petit nombre
de soldats de Géla et les Sicèles formaient un autre
corps de mille hommes; avec ces forces il se mit
en marche pour Syracuse.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="2"><p>II. Les Corinthiens, partis de Leucade avec le
reste des vaisseaux, firent de leur côté toute la diligence possible pour secourir Syracuse. Un de leurs
généraux, Gongylos, parti le dernier avec un seul
bâtiment, arriva le premier, un peu avant Gylippos.
Il trouva les Syracusains près de s’assembler pour
traiter de la cessation des hostilités. Il les en détourna et releva les courages en leur disant qu’il allait
leur arriver encore d’autres vaisseaux, et que Gylippos,
fils de Cléandridas, venait, de la part des Lacédéraoniens, se mettre à leur tête. Les Syracusains reprirent
confiance et sortirent avec toutes leurs forces au-devant de Gylippos; car ils venaient d’apprendre que déjà
<pb n="v.2.p.194"/>
il était à peu de distance. Gylippos, après avoir pris, en
passant, Getæ, forteresse des Sicèles, et rangé son
armée en bataille, arriva à Épipolæ; il y monta,
comme auparavant les Athéniens, par Euryélos, et,
uni aux Syracusains, alla attaquer les retranchements
de l’ennemi. Au moment où il arriva, les Athéniens
avaient déjà achevé les sept ou huit stades du double
mur qui aboutissait au grand port, à part un petit espace
au bord de la mer où ils travaillaient encore. De l’autre
côté du retranchement circulaire, dans la direction
de Trogilos en allant à l’autre mer, les pierres étaient
déjà déposées sur la plus grande partie de l’espace;
certaines portions étaient à moitié construites, d’autres
achevées. Telle fut l’étendue du péril que courut
Syracuse.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="3"><p>III. Les Athéniens, pris à l’improviste par l’attaque
de Gylippos et des Syracusains, se troublèrent d’abord;
cependant ils se mirent en bataille. Gylippos fit halte
près d’eux et envoya premièrement un héraut leur déclarer que, s’ils voulaient évacuer la Sicile dans l’espace
de cinq jours, emportant tout ce qui leur appartenait,
il était prêt à traiter. Les Athéniens reçurent avec
mépris ces propositions et renvoyèrent le héraut sans
réponse. On se prépara ensuite de part et d’autre au
combat. Gylippos, s’apercevant que les Syracusains
étaient en désordre et avaient peine à former leurs
rangs, ramena son armée dans un endroit plus ouvert.
Mais comme Nicias ne fit pas sortir les Athéniens et se
tint en repos dans ses retranchements, Gylippos, ne
les voyant pas venir à sa rencontre, conduisit ses
troupes sur la hauteur nommée Téménitès, et y bivouaqua. Le lendemain il ramena la plus grande par-
<pb n="v.2.p.195"/>
lie de ses forces et les mit en bataille le long du retranchement des Athéniens, pour les empêcher de
porter secours ailleurs. En même temps il envoya un
détachement au fort Labdalon, le prit, et tua tous ceux
qu’il y trouva. Cet endroit se trouvait hors de la
vue des Athéniens. Le même jour les Syracusains
prirent une galère athénienne en station dans le port.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="4"><p>IV. Les Syracusains et leurs alliés construisirent ensuite, à travers Épipolæ, un mur simple<note xml:lang="mul">Simple, par opposition au double mur des Athéniens. .</note> qui partait
de la ville et se dirigeait transversalement vers les
hauteurs<note xml:lang="mul">Ce mur se dirigeait de la ville au nord d’Épipolæ; il devait, comme celui qu’ils avaient précédemment dirigé du côté du grand port à travers le marais, couper les lignes des Athéniens et les empêcher de joindre Épipolæ à Trogilos. Le mot έγχάρσιον est pris ici dans le même sens que précédemment, il signifie transversalement, c’est-à-dire de manière à couper les travaux des Athéniens.</note> : par là, l’ennemi, s’il ne pouvait empêcher
cette construction, se trouvait dans l’impossibilité de
fermer sa ligne de blocus. Déjà les Athéniens, après
avoir terminé le mur au bord de la mer<note xml:lang="mul">Sur le grand port.</note>, avaient atteint les hauteurs<note xml:lang="mul">Au nord de Syké.</note> : Gylippos, sachant qu’il se trouvait
sur ce point une partie faible, y monta la nuit avec
son armée pour attaquer la muraille. Mais les Athéniens, qui bivouaquaient en dehors, s’en aperçurent et
allèrent à lui. Gylippe, dès qu’il se vit découvert, retira
ses troupes à la hâte. Les Athéniens donnèrent à ce
mur plus d’élévation, se chargèrent eux-mêmes de le
garder<note xml:lang="mul">C’était la partie la plus exposée, puisque le camp des Syracusains était dans le voisinage et que les communications de la ville avec l’extérieur restaient libres de ce côté.</note> et distribuèrent les alliés dans le reste du re-
<note xml:lang="fre" type="footnote">1 Simple, par opposition au double mur des Athéniens. .</note>
<note xml:lang="fre" type="footnote">2 Ce mur se dirigeait de la ville au nord d’Épipolæ; il devait, comme celui qu’ils avaient précédemment dirigé du côté du grand port à travers le marais, couper les lignes des Athéniens et les empêcher de joindre Épipolæ à Trogilos. Le mot έγχάρσιον est pris ici dans le même sens que précédemment, il signifie transversalement, c’est-à-dire de manière à couper les travaux des Athéniens.</note>
<note xml:lang="fre" type="footnote">3 Sur le grand port.</note>
<note xml:lang="fre" type="footnote">* Au nord de Syké.</note>
<note xml:lang="fre" type="footnote">5 C’était la partie la plus exposée, puisque le camp des Syracusains était dans le voisinage et que les communications de la ville avec l’extérieur restaient libres de ce côté.</note>
<pb n="v.2.p.196"/>
tranchement, pour en défendre chacun une partie déterminée.</p><p>Nicias jugea à propos de fortifier le lieu nommé
Plemmyrion<note xml:lang="mul">La pointe de Plemmyrion s’avance dans le grand port, en face de l île Ortyg e.</note> : c’est un promontoire qui s’avance
dans le grand port, sur la côte opposée à la ville, et rétrécit la passe. Il pensait, en le fortifiant, rendre l’arrivage des vivres plus facile<note xml:lang="mul">Parce qu’en faisant stationner ses vaisseaux à Plemmyriou, il lui serait pins aisé de surveiller l'arrivée des convois et de les protéger contre la flotte syracusaine stationnée dans le petit port.</note>, parce que sa flotte,
stationnant plus près du port des Syracusains<note xml:lang="mul">Le petit port, entre Ortygie et la nouvelle ville.</note>, n’aurait plus, comme par le passé, à accourir du fond du
grand port pour proléger l’arrivée des convois, si les
vaisseaux ennemis faisaient quelque mouvement. Le
côté maritime de la guerre le préoccupait dès lors davantage, parce qu’il voyait que, par terre, l’arrivée de
Gylippos laissait moins d’espoir. Il y fit donc passer un
corps de troupes et les vaisseaux, éleva trois forts, et
y déposa la plus grande partie du matériel. C’est là
que stationnèrent désormais les grands bâtiments de
charge et les vaisseaux légers. C’est de ce moment
aussi que commencèrent pour les équipages les privations et les souffrances : l’eau était rare et éloignée; et,
lorsque les matelots sortaient pour aller faire du bois,
ils étaient massacrés parles cavaliers syracusains qui tenaient la campagne : car, par suite de l’occupation de
Plemmyrion, le tiers de la cavalerie syracusaine avait
pris ses quartiers au bourg d’Olympiéon, pour s’opposer à leurs incursions. Nicias, informé d’un autre
côté que le reste de la flotte corinthienne approchait.
<note xml:lang="fre" type="footnote">1 La pointe de Plemmyrion s’avance dans le grand port, en face de l île Ortyg e.</note>
<note xml:lang="fre" type="footnote">* Parce qu’en faisant stationner ses vaisseaux à Plemmyriou, il lui serait pins aisé de surveiller l'arrivée des convois et de les protéger contre la flotte syracusaine stationnée dans le petit port.</note>
<note xml:lang="fre" type="footnote">5 Le petit port, entre Ortygie et la nouvelle ville.</note>
<pb n="v.2.p.197"/>
envoya en observation vingt vaisseaux, avec ordre de
la surveiller dans les parages de Locres, de Rhégium
et aux abords de la Sicile.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="5"><p>V. Gylippos continuait la construction du mur à travers Épipolæ, et y employait les pierres que les Athéniens avaient amassées pour eux-mêmes; en même
temps il faisait sortir régulièrement et rangeait devant
le retranchement les Syracusains et leurs alliés. En
face, les Athéniens formaient aussi leurs rangs. Lorsque
Gylippos crut le moment favorable, il commença l'attaque; on en vint aux mains, et l’action eut lieu dans
l’intervalle des retranchements, où la cavalerie des Syracusains et de leurs alliés ne fut d’aucun usage. Les
Syracusains et leurs alliés furent vaincus. Après que
les Athéniens eurent rendu les morts par convention
et dressé un trophée, Gylippos convoqua ses soldats et
leur dit que ce qui était arrivé n’était pas de leur
faute, mais de la sienne; que, par ses dispositions
mêmes, il avait, en les massant trop à l’étroit entre
les murs<note xml:lang="mul">Le combat s’était engagé dans l’espace compris entre les remparts de la ville, le mur transversal des Syracusains et le double mur des Athéniens, prés du temple de la Fortune.</note>, rendu inutiles la cavalerie et les gens de
trait; qu’il allait donc les mener de nouveau à l’ennemi. Il les engagea à bien réfléchir que, sous le rapport des forces, ils ne seraient pas inférieurs, et
que, quant au courage, il serait intolérable qu’ils se
crussent incapables, eux Péloponnésiens et Doriens,
de vaincre et de chasser du pays des Ioniens, des insulaires, un ramas de troupes.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="6"><p>VI. Ensuite, le moment venu, il les conduisit de
nouveau au combat. Nicias et les Athéniens sentaient
<note xml:lang="fre" type="footnote">1 Le combat s’était engagé dans l’espace compris entre les remparts de la ville, le mur transversal des Syracusains et le double mur des Athéniens, prés du temple de la Fortune.</note>
<pb n="v.2.p.198"/>
bien, de leur côté, que, même sans être provoqués au
combat par les Syracusains, il y avait nécessité pour
eux de s’opposer à la construction du mur élevé près
de leurs travaux, — car déjà le mur des Syracusains
atteignait presque l’extrémité de leur retranchement,
et s’il le dépassait, il devenait indifférent pour eux de
vaincre dans des combats sans cesse renouvelés, ou de
ne pas combattre du tout<note xml:lang="mul">Parce que, malgré leurs victoires, les communications de Syracuse avec l’extérieur resteraient libres, au moyen de cette muraille.</note>. — Ils sortirent donc à la rencontre des Syracusains. Gylippos porta ses hoplites plus
en avant des murs que la première fois et en vint aux
mains. La cavalerie et les gens de trait étaient rangés
sur le flanc des Athéniens dans une plaine ouverte,
par delà l’extrémité des fortifications des deux armées.
Dans l’action, la cavalerie fondit sur l’aile gauche des
Athéniens qui lui était opposée et la mit en déroute;
le reste de l’armée, entraîné dans ce mouvement, fut
vaincu par les Syracusains et rejeté en désordre dans
ses retranchements. La nuit suivante, les Syracusains
eurent le temps de prolonger leur muraille jusqu’aux
travaux des Athéniens et au delà; de sorte qu’ils n’avaient plus aucun obstacle à craindre de leur part, et
leur ôtaient, même vainqueurs, tout moyen de les enfermer désormais.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="7"><p>VII. Les vaisseaux de Corinthe, d’Ambracie et de
Leucade, restés en arrière au nombre de douze, entrèrent ensuite dans le port, sans avoir été aperçus par la
croisière athénienne. Ils étaient commandés par Érasinidès de Corinthe. Ces troupes travaillèrent de concert avec les Syracusains à terminer les retranche-
<note xml:lang="fre" type="footnote">1 Parce que, malgré leurs victoires, les communications de Syracuse avec l’extérieur resteraient libres, au moyen de cette muraille.</note>
<pb n="v.2.p.199"/>
ments jusqu’au mur transversal<note xml:lang="mul">Les retranchements dont il est question ici devaient longer les hauteurs d’Épipolæ et venir rejoindre le mur transversal qui s’étendait jusqu’à l’enceinte de Syracuse. Les mots μέχρι τοῦ ἐγκαρσίου τείχους, qui ont fort embarrassé les interprètes, pourraient aussi bien se traduire s à partir du mur transversal; ils indiquent que le mur en question, au lieu de suivre la direction primitive de la muraille transversale, ce qui l’eût porté trop au nord vers les hauteurs, venait s’embrancher sur lui pour suivre la plaine vers le nord-est.</note>. Gylippos parcourut
le reste de la Sicile, pour y lever des troupes de terre
et de mer et rallier celles des villes qui montraient peu
de zèle ou qui étaient restées jusque-là tout à fait en
dehors de la guerre. D’autres députés, Syracusains et
Corinthiens, furent envovés à Lacédémone et à Corinthe pour demander qu’on fit passer de nouvelles forces par quelque voie que ce fût, sur des transports, sur
des barques, ou de toute autre façon, parce que les
Athéniens réclamaient aussi des renforts. Les Syracusains équipaient leur flotte et l’exerçaient à la mer, décidés à porter aussi leurs efforts de ce côté; ils n'apportaient pas moins d’ardeur à tout le reste.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="8"><p>VIII. Nicias le savait, et voyait chaque jour ajouter
à la force des ennemis et aux difficultés de sa propre
situation. Il envoyait de son côté des messages à Athènes; bien des fois déjà il en avait fait passer dans d’autres circonstances pour tenir au courant de chaque événement; mais il les multiplia alors, persuadé qu’il était
dans une position critique, et que, si on ne se hâtait
soit de rappeler l’armée, soit de lui envoyer des renforts considérables, il n’y avait aucune chance de salut.
Comme il craignait que ses messagers ne fissent pas connaître le véritable état des choses, soit faute de savoir
s’exprimer, soit par défaut de mémoire, ou même pour
<note xml:lang="fre" type="footnote">1 Les retranchements dont il est question ici devaient longer les hauteurs d’Épipolæ et venir rejoindre le mur transversal qui s’étendait jusqu’à l’enceinte de Syracuse. Les mots μέχρι τοῦ ἐγκαρσίου τείχους, qui ont fort embarrassé les interprètes, pourraient aussi bien se traduire s à partir du mur transversal; ils indiquent que le mur en question, au lieu de suivre la direction primitive de la muraille transversale, ce qui l’eût porté trop au nord vers les hauteurs, venait s’embrancher sur lui pour suivre la plaine vers le nord-est.</note>
<pb n="v.2.p.200"/>
faire quelque rapport agréable à la multitude, il écrivit
une lettre; il crut que c’était le meilleur moyen de faire
connaître exactement sa pensée aux Athéniens, sans
qu’elle fût dénaturée par le messager, et de les mettre
en état de délibérer sur la situation réelle des affaires.
Les envoyés partirent, chargés de cette lettre et de tout
ce qu’ils devaient dire eux-mêmes; quant à lui, il se
borna à la garde de son camp, évitant désormais de
chercher volontairement le danger<note xml:lang="mul">Je lis έχουσίων κινδύνων [ά] πεμελεΐτο. Il suffit du changement d’une seule lettre pour donner un sens raisonnable à la phrase, que tous les commentateurs ont été obligés d’expliquer contrairement au texte reçu έπεμελεΐτο.</note>.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="9"><p>IX. A la fin du même été, Évétion, général athénien,
fit avec Perdiccas une expédition contre Amphipolis, à
la tête d’un corps nombreux de Thraces; mais, n’ayant
pu la prendre, il suivit avec les trirèmes les contours du
Strymon, alla stationner à Himéréon, et de là bloqua
la ville; l’été finit.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="10"><p>X. L’hiver suivant les messagers deNicias étant arrivés à Athènes, rapportèrent tout ce qui leur avait été dit
de vive voix, répondirent aux questions qu’on leur fit,
et remirent la lettre. Le secrétaire de la ville en donna
lecture aux Athéniens; en voici le contenu :</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="11"><p>XI « Les faits antérieurs vous sont connus, Athéniens,
par beaucoup d’autres lettres : il est opportun que vous
ne connaissiez pas moins bien aujourd’hui la situation
où nous nous trouvons, pour prendre une décision.
Nous avions vaincu dans de nombreux combats les Syracusains contre qui vous nous avez envoyés, et nous
avions élevé les retranchements où nous sommes maintenant, lorsque est arrivé le Lacédémonien Gylippos,
<note xml:lang="fre" type="footnote">1 Je lis έχουσίων κινδύνων [ά] πεμελεΐτο. Il suffit du changement d’une seule lettre pour donner un sens raisonnable à la phrase, que tous les commentateurs ont été obligés d’expliquer contrairement au texte reçu έπεμελεΐτο.</note>
<pb n="v.2.p.201"/>
avec une armée tirée du Péloponnèse et de quelques
villes de Sicile. Nous l’avons vaincu dans une première
action; mais le lendemain, forcés par un grand nombre
de cavaliers et de gens de trait, nous avons dû rentrer
dans nos lignes; et maintenant, contraints parla multitude de nos adversaires à interrompre noire circonvallation, nous y sommes dans l’inaction. Car nous ne pouvons mettre en ligne toute notre armée, la garde des
murs occupant une partie des hoplites. D’ailleurs l’ennemi a élevé à côté de nous un mur simple qui ne nous
permet plus de les enfermer d’une circonvallation, à
moins d’enlever cette barrière, dont l’attaque exige une
nombreuse armée; nous paraissons assiéger les autres,
et il arrive que c’est plutôt nous qui sommes assiégés,
du moins du côté de terre; car la cavalerie ne nous
laisse guère nous écarter dans la campagne.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="12"><p>XII. « Ils viennent d’envoyer dans le Péloponnèse des
ambassadeurs demander une nouvelle armée, tandis
que Gylippos parcourt les villes de Sicile, pour engager
dans la guerre celles qui se sont tenues en repos jusqu’à
présent, et tirer des autres, s’il le peut, de nouveaux
armements de terre et de mer : car ils songent, à ce que
j’apprends, à tenter sur nos retranchements une attaque
combinée par terre et par mer. N’allez pas vous récrier àce mot, par mer : car notre flotte, si brillante
au commencement, quand les vaisseaux étaient secs
et les équipages intacts, n’oflre plus maintenant— nos
ennemis eux-mêmes le savent — que des vaisseaux pénétrés d’eau par suite de leur long séjour à la mer, et
des équipages délabrés. Il nous est impossible de les
tirer à terre pour les sécher, parce que la flotte ennemie étant égale et même supérieure en nombre, nous
<pb n="v.2.p.202"/>
avons toujours à prévoir une attaque de leur part. Nous
les voyons sous nos yeux s’exercer à la mer; l'initiative
de l’attaque leur appartient maintenant, et ils sont
bien mieux en mesure que nous de sécher leurs vaisseaux; car ils n’ont à faire aucune croisière.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="13"><p>XIII. « Nous, au contraire, c’est à peine si nous aurions cet avantage<note xml:lang="mul">De pouvoir sécher nos bâtiments.</note>, même avec une flotte de beaucoup
supérieure et sans la nécessité où nous sommes maintenant de la consacrer tout entière à nous garder. Car
pour peu que nous distrayions de bâtiments de nos croisières, nous manquerons de vivres; puisque, même
maintenant, nous avons peine à les convoyer dans le
voisinage de leur ville. Quant à nos équipages, voici ce
qui les a ruinés et les ruine encore aujourd’hui : une partie de nos matelots, lorsqu’ils s’écartent pour ramasser
du bois, marauder ou faire de l’eau, sont tués parla cavalerie; les valets désertent, depuis que les forces sont
égales. Parmi les étrangers, ceux qui ont été embarqués
de force saisissent la première occasion de se réfugier
dans les villes<note xml:lang="mul">Dans les villes de Sicile.</note>; ceux qui ont été séduits d’abord par
l’élévation de la solde, et qui croyaient aller plutôt au
butin qu’au combat, voyant maintenant, contre leur
attente, l’ennemi en présence avec une flotte et des
forces de tout genre, s’en vont sous quelque prétexte
afin de déserter, ou s’ingénient de toute manière; car
la Sicile est vaste<note xml:lang="mul">Ce qui leur permet de nous échapper plus facilement.</note>; il en est même qui achètent sur
les lieux des esclaves d’Hyccara et les embarquent à leur
place avec l’autorisation des triérarques, ce qui désorganise les équipages.</p><note xml:lang="fre" type="footnote">1 De pouvoir sécher nos bâtiments.</note><note xml:lang="fre" type="footnote">• Dans les villes de Sicile.</note><note xml:lang="fre" type="footnote">3 Ce qui leur permet de nous échapper plus facilement.</note><pb n="v.2.p.203"/></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="14"><p>XIV. « Vous savez, même sans que je vous l’écrive,
que de bons équipages sont rares, et qu’il est peu de
matelots qui sachent et appareiHer et manier la rame
en cadence. Le plus embarrassant, c’est que, tout général que je suis, je n’ai pas le pouvoir d’empêcher ces
désordres (car votre naturel est difficile à gouverner),
et que nous ne trouvons d’aucun côté à nous refaire.
L’ennemi au contraire trouve de toutes parts des facilités; tandis que nous, tout ce que nous avons encore,
tout ce que nous dépensons en hommes, est nécessairement pris sur ce que nous avions en arrivant. Caries
villes que nous avons maintenant pour alliées, Naxos et
Catane, ne peuvent rien pour nous. Qu’à tous ces
avantages nos ennemis en joignent un autre, que les
villes d’ltalie qui nous font vivre, voyant où nous en
sommes, l’abandon où vous nous laissez, se rangent de
leur côté, la guerre se terminera sans combat; car
nous serons forcés à nous rendre. J’aurais pu vous
mander des choses plus agréables, mais je n’en vois pas
de plus utiles, puisqu’il faut que vous sachiez exactement quelle est ici la situation, pour en délibérer. Je
connais d’ailleurs votre caractère; vous aimez à entendre
les nouvelles les plus flatteuses; mais comme vous rejetez ensuite la responsabilité sur qui vous les donne, si
l’événement n’y répond pas, j’ai cru plus sûr de vous
faire connaître la vérité.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="15"><p>XV. « Quant à l’objet premier de l’expédition, soldats
et généraux ne vous ont donné aucun sujet de reproches, soyez-en bien persuadés : mais, maintenant que
la Sicile se lève tout entière et qu’on y attend une nouvelle armée du Péloponnèse, prehez pour base de vos
délibérations que les forces ici présentes ne sauraient
<pb n="v.2.p.204"/>
même faire face aux circonstances actuelles, et qu’il
faut ou les rappeler ou envoyer une nouvelle armée de
terre et de mer non moins forte que la première, et
beaucoup d’argent. Il faut aussi me donner un successeur; car une néphrétique me met dans l’impossibilité
de rester ici. Je réclame votre indulgence au nom des
bons services que je vous ai souvent rendus, à la tête des
armées, tant que j’ai été bien portant. Du reste, quoi
que vous décidiez, agissez dès le commencement du
printemps, et sans aucun retard; car il ne faut que peu
de temps à nos ennemis pour se procurer des renforts
en Sicile; et quant à ceux du Péloponnèse, ils viendront plus lard il est vrai; mais, si vous n’y faites attention, les uns vous échapperont, comme il est déjà
arrivé, les autres vous préviendront. »</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="16"><p>XVI. Tel était le contenu de la lettre de Nicias. Les
Athéniens, après en avoir entendu lecture, ne le déchargèrent pas du commandement; mais, en attendant
l’arrivée des collègues qu’ils lui choisirent, ils lui en
adjoignirent deux qui se trouvaient sur les lieux, Ménandre et Euthydème, afin que, dans son état de maladie, il ne supportât pas seul toutes les fatigues. On
décréta l’envoi d’une nouvelle armée de terre et de mer,
composée d’Athéniens portés au rôle et d’alliés. Pour
collègues, on lui donna Démosthènes, fils d’Alcisthènes,
et Euryraédon, fils de Thouclès. Eurymédon fut envoyé
sur-le-champ en Sicile, vers le solstice d’hiver, avec
dix vaisseaux et une somme de [cent] vingt talents<note xml:lang="mul">Le texte primitif ne porte que vingt talents. Mais il est peu probable qu’on ait envoyé une aussi faible somme à Nicias, qui réclamait beaucoup d’argent. Diodore porte l’envoi à cent quarante; aussi la plupart des éditeurs ont-ils accepté la correction de Valla.</note>. Il
<note xml:lang="fre" type="footnote">1 Le texte primitif ne porte que vingt talents. Mais il est peu probable qu’on ait envoyé une aussi faible somme à Nicias, qui réclamait beaucoup d’argent. Diodore porte l’envoi à cent quarante; aussi la plupart des éditeurs ont-ils accepté la correction de Valla.</note>
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avait ordre d’annoncer à l’armée qu’il allait lui arriver
du renfort et qu’on ne la négligerait pas.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="17"><p>XVII. Démosthènes resta pour préparer les armements et partir à l’entrée du printemps : il dénonça aux
alliés une levée de troupes, et tira de chez eux de l’argent, des vaisseaux et des hoplites. Les Athéniens envoyèrent aussi vingt vaisseaux croiser autour du Péloponnèse, pour veiller à ce que personne ne passât de
Corinthe et du Péloponnèse en Sicile. Car les Corinthiens, à l’arrivée'des députés qui leur annonçaient que
les affaires s’amélioraient en Sicile, jugeant que leur
premier envoi de vaisseaux n’avait pas été inutile, embrassèrent plus vivement encore cette affaire : aussi se
préparèrent-ils à envoyer des hoplites en Sicile sur des
bâtiments de charge, pendant que les Lacédémoniens
se disposaient à en faire passer par le même moyen du
reste du Péloponnèse. Les Corinthiens armèrent en
outre vingt-cinq vaisseaux, dans le but de tenter un
combat naval contre la flotte athénienne en station à
Naupacte, et en même temps de neutraliser cette flotte,
de sorte qu’elle fût moins en état d’empêcher le départ
de leurs transports, une fois occupée à surveiller les
galères qu’ils allaient lui opposer.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="18"><p>XVIII. Les Lacédémoniens préparaient aussi une invasion dans l’Attique. C’était chose précédemment résolue par eux, mais ils y étaient surtout poussés par les
Syracusains et les Corinthiens : ceux-ci, informés qu’Athènes envoyait des renforts en Sicile, voulaient y
mettre obstacle par cette invasion. Alcibiade, les pressant de son côté, les exhortait à fortifier Décélieet à ne
pas laisser languir les opérations. Mais ce qui contribuait surtout à stimuler un peu les Lacédémoniens,
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c’était d’une part la pensée que les Athéniens, avec
une double guerre à soutenir contre eux et contre les
Siciliens, seraient plus faciles àabattre, et de l’autre la
conviction que les Athéniens avaient les premiers rompu
la trêve. Dans la guerre précédente, c’était surtout sur
eux-mêmes, ils le savaient, que retombait la violation
des traités : les Thébains avaient envahi le territoire
de Platée en temps de paix; et, quoiqu’il fût stipulé
dans les traités précédents qu’on n’en viendrait pas aux
armes si l’une des parties offrait l’arbitrage, ils avaient
eux-mêmes repoussé les propositions d’accommodement amiable que leur firent les Athéniens. Ils voyaient
dans leurs malheurs la juste conséquence de cette faute,
et ne pouvaient détacher leur pensée du désastre de
Pylos et de tout ce qui avait pu leur arriver de funeste.
Mais lorsqu’ils eurent vu les Athéniens aller, à la tête
de trente vaisseaux, ravager une partie du territoire
d’Épidaure, de Prasies et d’autres lieux, faire en même
temps de Pylos un centre de brigandage, refuser l’arbitrage, malgré l’invitation des Lacédémoniens, toutes
les fois qu’il s’élevait des difficultés sur les points litigieux du traité, alors, persuadés que les Athéniens se
plaçaient à leur tour sous le coup de la faute qu’euxmêmes avaient commise contre la foi publique, ils inclinèrent résolûment à la guerre. Dans le cours de cet hiver, ils firent circuler chez leurs alliés l’ordre de fournir
du fer, et disposèrent tous les instruments nécessaires
à la construction des forts. En même temps ils se préparèrent à expédier en Sicile des secours sur des bâtiments
de charge, et obligèrent les autres peuples du Péloponnèse à les imiter. L’hiver finit, ainsi que la dix-huitième
année de cette guerre, dont Thucydide a écrit l’histoire.</p><pb n="v.2.p.207"/></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="19"><p>XIX. Dès le commencement du printemps suivant<note xml:lang="mul">Quatre-vingt-onzième olymp., troisième année; 413 avant notre ère.</note>,
les Lacédémoniens et leurs alliés firent, de très-bonne
heure, une invasion dans l’Attique, sous le commandement d’Agis, fils d’Archidamos, roi des Lacédémoniens. Après avoir d’abord ravagé la plaine, ils se
mirent à fortifier Décélie et attribuèrent aux troupes
de chaque ville une portion du travail. Décélie n’est
qu’à cent vingt stades d’Athènes, et à la même distance, ou un peu plus, de la Béotie. Les fortifications
furent élevées dans une position qui commandait la
plaine et la partie la plus riche du pays, afin de nuire
à l’ennemi; on pouvait les apercevoir d’Athènes.
Pendant que les Péloponnésiens qui étaient dans
l’Altique fortifiaient Décélie, de concert avec leurs
alliés, ceux qui étaient restés dans le Péloponnèse envoyèrent sur des transports des hoplites en Sicile : les
Lacédémoniens choisirent l’élite des Hilotes et des
Néodamodes et en formèrent un corps de six cents
hoplites, sous le commandement du Spartiate Eccritos; les Béotiens fournirent trois cents hoplites
commandés par Xénon et Nicon, l’un et l’autre de
Thèbes, et par Hégésandros de Thespies. Ces troupes
formèrent un premier convoi qui prit la mer à Ténare,
en Laconie. Peu de temps après les Corinthiens expédièrent, sous la conduite d’Alexarchos de Corinthe,
cinq cents hoplites, tant Corinthiens qu’Arcadiens
mercenaires; les Sicyoniens leur adjoignirent deux
cents hoplites sous les ordres de Sargée de Sicyone,
Les vingt-cinq vaisseaux de Corinthe équipés pendant
l'hiver croisaient en vue des vingt bâtiments athé-
<note xml:lang="fre" type="footnote">1 Quatre-vingt-onzième olymp., troisième année; 413 avant notre ère.</note>
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niens de Naupacte, attendant que ces hoplites embarqués sur des bâtiments de charge eussent quitté le
Péloponnèse; car c’était là précisément le but dans
lequel on les avait équipés d’abord, afin que l’attention des Athéniens se portât plutôt sur les trirèmes que
sur les transports.</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre2:7" n="20"><p>XX. Pendant ce temps, les Athéniens expédiaient
de leur côté, dès l’entrée du printemps, et au moment
même où s’élevaient les fortifications de Décélie,
trente vaisseaux autour du Péloponnèse. Chariclès, fils
d’Apollodoros, qui les commandait, avait ordre de
toucher à Argos et d’y réclamer, aux termes du traité
d’alliance, des hoplites pour les embarquer. Démosthènes fut aussi envoyé en Sicile, comme on l’avait
résolu, avec soixante vaisseaux athéniens, cinq de
Chio, douze cents hoplites d’Athènes portés au rôle,
et le plus grand nombre possible d’insulaires levés de
toutes parts. Tout ce qui chez les autres alliés sujets
d’Athènes pouvait être de quelque utilité pour la
guerre avait été également mis en réquisition. Démosthènes avait pour instructions de suivre d’abord les
côtes du Péloponnèse, de concert avec Chariclès, et
de le seconder dans ses attaques contre la Laconie.
Il fit voile pour Égine, où il attendit que le reste des
troupes pût arriver et que Chariclès eût embarqué les
Argiens.</p></div></div></div></body></text></TEI>
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            </reply>
            </GetPassage>