<GetPassage xmlns:tei="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns="http://chs.harvard.edu/xmlns/cts">
            <request>
                <requestName>GetPassage</requestName>
                <requestUrn>urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:8.57-8.63</requestUrn>
            </request>
            <reply>
                <urn>urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:8.57-8.63</urn>
                <passage>
                    <TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="8"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:8" n="57"><p>Le même hiver, aussitôt après ces événements, Tissapherne se rendit à Caunos, dans le dessein de ramener les Pélo-ponésiens à Milet, de conclure avec eux un nouveau traité à telles conditions qu’il pourrait, de leur fournir des subsides et de ne pas se brouiller définitivement avec eux. Il craignait que, faute de subsistances pour leur nombreuse flotte, ils ne fussent contraints de livrer un combat naval aux Athéniens et n’eussent le dessous, ou que la désertion ne se glissât dans leurs équipages et ne permît aux Athéniens d’en venir à leurs fins sans avoir besoin de lui ; surtout il appréhendait qu’ils ne pillassent le continent pour se procurer des vivres. Ce fut donc par suite de ces calculs et de ces prévisions, comme aussi dans le but d’établir l’équilibre entre les Grecs, qu’il appela les Péloponé-siens, leur fournit des subsides et conclut un troisième traité dans les termes suivants :
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:8" n="58"><p>« La treizième année du règne de Darius <note xml:lang="mul"><p>Darius II, surnommé Nothus, père d’Artaxerxès-Mnémon et de Cyrus le Jeune, régna dix-neuf ans; il était monté sur le trône en 424 av. J. C. — Hiéraménès, beau-frère du roi Darius, était probablement alors satrape de Sardes. Les fils de Phamacès sont Pharnabaze et ses frères; celui-ci avait la satrapie Dascylitide sur l’Hellespont. </p></note>, sous l’é-phorat d’Alexippidas à Lacédémone, le traité suivant a été conclu dàns la plaine du Méandre, entre les Lacédémoniens et leurs alliés d’une part, Tissapherne, Hiéraménès et les fils de Phar-nacès d’autre part, touchant les affaires du roi, des Lacédémoniens et de leurs alliés.
</p><p>« Tout le pays que le roi possède en Asie demeure sa propriété, avec faculté d’en disposer comme bon lui semble.
</p><p>«  Les Lacédémoniens et leurs alliés ne commettront aucun

<pb n="454"/>

acte d'hostilité contre le pays du roi ; non plus que le roi contre le pays des Lacédémoniens et de leurs alliés.
</p><p>« Si quelqu’un des Lacédémoniens ou de leurs alliés commet un acte d’hostilité contre le pays du roi, les Lacédémoniens et leurs alliés s’y opposeront. Pareillement, si quelqu’un des sujets du roi commet un acte d’hostilité contre les Lacédémoniens et leurs alliés, le roi s’y opposera.
</p><p>«  Tissapherne s’engage à fournir aux vaisseaux actuellement présents les subsides convenus, jusqu’à l'arrivée de la flotte du roi.
</p><p>«  Si, après l’arrivée de la flotte du roi, les Lacédémoniens et leurs alliés veulent entretenir leurs propres vaisseaux, ils en seront les maîtres. S’ils aiment mieux recevoir de Tissapherne la solde convenue, celui-ci la fournira, à la charge pour les Lacédémoniens et leurs alliés, la guerre terminée, de rembourser à Tissapherne tout l’argent qu’ils auront reçu.
</p><p>« Quand la flotte du roi sera venue, les vaisseaux des Lacédémoniens et de leurs alliés, de concert avec ceux du roi, feront la guerre en commun, selon le plan convenu entre Tissapherne, les Lacédémoniens et leurs alliés. S’ils veulent faire la paix avec les Athéniens, ce sera d’un commun accord. »
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:8" n="59"><p>Telles furent les stipulations de ce traité. Aussitôt Tissapherne se mit en devoir de faire venir, comme il était dit, la flotte phénicienne, et d’accomplir toutes ses promesses; du moins voulait-il en avoir l’air.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:8" n="60"><p>Sur la fin de cet hiver, les Béotiens prirent par trahison Oropos, qui était occupé par une garnison athénienne. Ils furent secondés par quelques habitants d'Érétrie et même d'Oropoe, qui méditaient la défection de l’Ëubée. Oropos étant situé en face d’Érétrie, il ne pouvait y avoir de sécurité pour cette ville ni pour le reste de l’Eubée tant qu’il serait aux Athéniens.
</p><p>Maîtres d’Oropos, les Ërétriens se rendirent à Rhode pour attirer en Eubée les Péloponésiens. Ceux-ci étaient alors occupés à secourir Cbios, toujours plus étroitement bloquée. Déjà ils avaient quitté Rhode avec toute leur flotte et se trouvaient sous voiles, lorsque, à la hauteur du Triopion, ils aperçurent au large les vaisseaux athéniens venant de Chalcé. Aucun des deux partis n’ayant commencé l'attaque, ils se retirèrent les uns à Samos, les autres à Milet. Dès lors il fut reconnu qu’à moins d'une bataille navale, il était impossible de secourir Chios. Là-dessus l’hiver finit, ainsi que la vingtième année de la guerre que Thucydide a racontée.



<pb n="455"/></p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:8" n="61"><p>L’été suivant <note xml:lang="eng" place="unspecified">Vingt et unième année de la guerre, an 444 ayant J. C.</note>, dès les premiers jours du printemps, le Spartiate Dercyllidas fut envoyé par terre dans l’Hellespont avec quelques troupes, afin d’insurger Abydos, colonie de Milet. Les Chiotes, pendant l’inaction forcée d’Astyochos, se virent contraints par la rigueur du siège à livrer un combat naval. Dans le temps où Astyochos était encore à Rhode, le Spartiate Léon, - qui avait fait la traversée sur le vaisseau d’Antisthénès, était venu de Milet pour les commander après la mort de Pédaritos.
</p><p>Ils avaient également reçu douze vaisseaux détachés de la station de Milet, savoir : cinq de Thurii, quatre de Syracuse, un d’Anéa, un de Milet, enfin celui de Léon. Les Chiotes'firent une sortie en masse et occupèrent une forte position, tandis que leurs vaisseaux, au nombre de trente-six, se portaient contre les trente-deux vaisseaux athéniens et engageaient le combat. La lutte fut acharnée. Les Chiotes et leurs alliés n’eurent pas le dessous ; mais, comme le jour baissait, ils rentrèrent dans leur ville.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:8" n="62"><p>A peine Dercyllidas était-il arrivé par terre de Milet à Abydos sur l’Hellespont, que cette ville se prononça en faveur des Péloponésiens et de Pharnabaze. Lampsaque en fit autant deux jours après. A cette nouvelle, Strombichidès partit précipitamment de Chios avec vingt-quatre vaisseaux athéniens, dont quelques-uns portaient des hoplites. Il défit dans un combat les habitants de Lampsaque sortis à sa rencontre, prit d’emblée cette ville ouverte ; et, après avoir livré au pillage les effets et les esclaves, mais rétabli dans leurs demeures les hommes libres, il se dirigea vers Abydos. N’ayant pu amener cette ville à composition ni la prendre d’assaut, il cingla vers la côte opposée, et alla se poster à Sestos, ville de la Chersonèse, jadis au pouvoir des Mèdes. Il en fit une place forte destinée à commander tout l’Hellespont.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:8" n="63"><p>Depuis ce moment, les Chiotes eurent un certain ascendant sur mer, d’autant plus qu’Astyochos et les Péloponésiens de Milet, instruits du combat naval et du départ de l’es-. cadre de Strombichidès, avaient repris courage. Astyochos avec deux bâtiments se rendit à Chios, en ramena les vaisseaux qui s’y trouvaient <note xml:lang="mul"><p>C’est-à-dire les vaisseaux péloponésiens ou alliés que l’auteur a énumérés au ch. lu, et que lion avait conduits de MHet à Chios. </p></note>, et cingla contre Samos avec la totalité de ses forces ; mais les Athéniens, qui se défiaient alors les uns des autres, n’étant point venus à sa rencontre, il repartit pour Milet.
</p><p>A la même époque ou même un peu auparavant, la démocratie

<pb n="456"/>

avait été renversée à Athènes. Pisandros et ses collègues, de retour à Samos après avoir quitté Tissapherne, s'assurèrent encore mieux de l’armée et engagèrent les principaux àes Samiens à rétablir chez eux l’oligarchie, malgré Imposition sous laquelle ce régime avait succombé. En même temps, les Athéniens qui étaient à Samos tinrent conseil; et, considérant qu’Alcibiade refusait de les seconder, que d’ailleurs il était peu fait pour entrer dans une oligarchie, ils résolurent de ne plus songer à lui, mais de ne compter que sur eux-mêmes pour l’exécution de leurs desseins. Ils décidèrent que la guerre serait poussée avec vigueur, et que, travaillant désormais pour leur propre compte, ils feraient sans hésitation tous les sacrifices pécuniaires ou autres que les circonstances pourraient exiger.
</p></div></div></div></body></text></TEI>
                </passage>
            </reply>
            </GetPassage>