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                    <TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="6"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="39"><p>« On· m’objectera que la démocratie est contraire à la raison et à la justice, et que les riches ont seuls qualité pour bien gouverner. Moi je soutiens, en premier lieu, que le peuple c'est l’État tout entier, tandis que l’aristocratie n’en est qu’une fraction ; qu’ensuite, si les riches sont les meilleurs gardiens des richesses, les hommes d’intelligence sont les meilleurs conseillers, et la multitude le meilleur juge des questions qui lui sont soumises; qu’enfîn dans la démocratie ces différentes classes, séparées ou confondues, jouissent des mêmes droits. L’aristocratie au contraire fait participer la multitude aux dangers ; mais pour les avantages, non contente de s’en réserver la meilleure part, elle s’en arroge la totalité, qu’elle confisque à son bénéfice. Et voilà le régime auquel aspirent parmi vous les hommes influents et la jeunesse, régime incompatible avec l’existence d’une grande cité.
</p><p>« Ce serait, je vous le répète, le comble de la folie. Il faudrait que vous fussiez ou les plus aveugles des Grecs à moi connus, pour ne pas sentir l’iniquité de telles prétentions, ou les plus pervers si, la comprenant, vous persistiez dans votre audace.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="40"><p>« Plus instruits ou mieux avisés, que l’intérêt commun devienne votre unique guide. Soyez sûrs que l’aristocratie y gagnera autant, si ce n’est plus, que la multitude, tandis qu’avec un esprit différent vous risquez de· tout compromettre.
</p><p>« Cessez donc de répandre des bruits de cette nature ; car vous avez affaire à des gens qui vous pénètrent et qui ne vous laisseront pas agir. Supposé même que les Athéniens se présentent, notre ville saura les repousser d’une manière digne d’elle, et nous avons des généraux,pour y pourvoir. Si au contraire, comme j’en ai la conviction, tout ceci n’est qu’une pure fable, Syracuse ne se laissera pas intimider par vos rapports, au point de vous prendre pour chefs et de s’imposer une servitude volontaire. Elle examinera les choses par ses propres yeux, jugera vos paroles comme équivalentes à des actes; elle ne sera pas la dupe de vos discours; mais, jalouse de sa liberté, elle se gardera de retomber sous votre dépendance.  »
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="41"><p>Après ces paroles d’Athénagoras, un des généraux coupa court à la discussion en disant :

<pb n="340"/></p><p>« Il ne sied pas aux orateurs de faire assaut d’invectives, ni aux auditeurs d’y applaudir'. En présence des rumeurs qui circulent, le mieux est de voir comment chaque citoyen, comment la ville entière trouvera le moyen de repousser victorieusement les agresseurs. Et quand cela ne serait pas indispensable, où est le mal que la ville fasse provision de chevaux, d’armes et de tout le luxe de la guerre ? C'est à nous, généraux, qu'appartiennent cés soins et cette prévoyance, comme aussi l’envoi d’émissaires dans les villes pour surveiller les événements. Nous y avons déjà pourvu en partie, et tous les renseignements qui pourront nous parvenir vous seront communiqués. »
</p><p>Cette déclaration du général mit fin à la séance.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="42"><p>Cependant les Athéniens étaient déjà rassemblés a Corcyre avec tous leurs alliés. Le premier soin des généraui fut de passer la revue de l’armée pour régler l’ordre des mouillages et des campements. Ils formèrent trois divisions, qu’ils se partagèrent au sort. Naviguer de conserve les-eût exposés à manquer d’eau, d’espace et de vivres dans les endroits de relâche; d’ailleurs l’ordre et la discipline de l’armée ne pouvaient que gagner à ce que chaque division eût son chef distinct. Après cela, ils envoyèrent en Italie et en Sicile trois vaisseaux, qui devaient s’enquérir des villes disposées à les recevoir, et revenir à la rencontre de la flotte avec les informations dont -elle avait Besoin.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="43"><p>Là-dessus les Athéniens, avec toutes leurs forces, appareillèrent de Corcyre pour la Sicile. Leur flotte se composait de cent trente-quatre trirèmes et de deux pentécontores rhodiennes. Athènes à elle seule avait fourni cent trirèmes, dont soixante légères, les autres portant des soldats; le surplus provenait de Chios et des autres alliés. Les hoplites montaient à cinq mille cent, dont quinze cents Athéniens inscrits au rôle, indépendamment de sept cents thètes <note xml:lang="mul"><p>Les thètes étaient la quatrième classe des citoyens d’Athènes d’après le cens. Us correspondaient aux prolétaires de'Bome, et, comme ceux-ci, ne possédaient pas de biens-fonds. Ils étaient dispensés du service d’hoplites, parce qu’ils n’auraient pu faire les frais de leur équipement, et peut-être aussi par mesure de sûreté publique: mais ils servaient sur les vaisseaux et comme troupes légères. </p></note>, soldats de marine. Le reste comprenait les troupes auxiliaires, fournies par les sujets et par les Argiens. Ces derniers avaient envoyé cinq cents hommes. Il y avait aussi deux cent cinquante Mantinéens et mercenaires, quatre cent quatre-vingts archers, dont quatre-vingts Crétois; enfin sept cents frondeursrhodiens et cent vingt bannis de Mégare, armés à la légère. Pour le transport des chevaux, il n’y avait qu’un seul bâtiment, chargé de trente cavaliers.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="44"><p>Tel fut le premier armement qui partit pour cette

<pb n="341"/>

uerre. H était accompagné de trente bâtiments de charge, portant les bagages, les vivres, les boulangers, les maçons, les charcutiers, ainsi que les outils destinés à la construction dés murs. Cent autres navires avaient été mis en réquisition <note xml:lang="mul"><p>C’étaieut probablement des bâtiments de commerce à destination de la Sicile ou de l’Italie, et que la flotte forçait de naviguer à sa suite, afin de les empêcher de porter prématurément de ses nouvelles aux ennemis.  </p></note>; enfin beau-;oup de barques et de vaisseaux marchands suivaient volontaire-nent pour le négoce. Toute cette flotte réunie sortit alors de Cor-ryre et traversais golfe Ionien. Quand ils eurent gagné, les uns la pointe d’Iapygie, les autres Tarente, chacun enfin l'endroit le plus opportun, ils se mirent à longer la côte d’Italie. Les villes leur fermaient leurs portes et leurs marchés, leur permettant seulement de prendre rade et de faire de l’eau ; encore Tarente et Locres le leur refusèrent-elles. Enfin ils atteignirent Rhé-gion, à l’extrémité de l’Italie, et se rallièrent en cet endroit. Gomme on ne les reçut pas dans la ville, ils campèrent au dehors, dans l’enceinte consacrée à Diane, où un marché leur fut ouvert. On tira les vaisseaux sur la grève et l’on se tint en repos. Les généraux s’adressèrent aux Rhégiens, et leur représentèrent que leur qualité de Chalcidéens leur faisait un devoir d’assister les Léontins leurs parents. La réponse des Rhégiens fut qu’ils garderaient la neutralité, et se conformeraient aux résolutions prises en commun par les Grecs d’Italie.
</p><p>Les Athéniens étudiaient la situation des affaires en Sicile et le plan de campagne qu’ils devaient adopter. Ils attendaient le retour de· vaisseaux qu'ils avaient envoyés à Égeste pour s’assurer de l’existence des trésors dont les députés revenus à Athènes avaient parlé.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="45"><p>Cependant les Syracusains recevaient de toutes parts, et notamment de leurs émissaires, la nouvelle positive que la flotte athénienne était à Rhégion. Dès lors il fallut bien se rendre à l’évidence, et les préparatifs furent poussés avec la dernière activité. On envoya chez les Sicules, ici des gardes, là des ambassadeurs ; on mit garnison dans les forts du territoire ; on fit dans la ville une inspection détaillée des armes et des chevaux ; enfin on prit toutes les mesures usitées en cas de guerre imminente.
</p></div></div></div></body></text></TEI>
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