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                    <TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="5"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="109"><p>Les Athéniens. Pour ceux dont on réclame le concours, e meilleur gage n’est pas la sympathie qu’on a, mais les forces lont on dispose. C’est là ce que les Lacédémoniens envisagent ivant tout. Se défiant de leurs propres ressources, ils n’atta-juent jamais qu’à grand renfort d’alliés. Il est donc peu pro-Dable qu’ils passent dans une île, quand nous avons l’empire le la mer.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="110"><p>Les Méliens. Ils pourront en envoyer d’autres. Les eaux le la Crète sont vastes, et les dominateurs des mers auront dIus de peine à y exercer leur poursuite qu’on n’en aura à 'éviter. D’ailleurs, si les Lacédémoniens échouent de ce côté, ls se tourneront vers votre territoire et vers oeux de vos alliés lue n’a pas visités Brasidas. Dès lors ce ne sera plus pour une lerre étrangère, ce sera pour vos alliés et pour votre pays que vous aurez à combattre.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="111"><p>Les Athéniens. C’est une expérience qui a déjà été iaite. Jamais, vous le savez, la crainte d’autrui n’a fait aban-lonner un siège aux Athéniens. Mais nous étions convenus de lélibérer sur votre salut; et nous remarquons que, dans cette liscussion prolongée, vous n’avez pas encore articulé un seul not qui puisse Vous inspirer l’assurance de votre conserva-,ion. Vos plus fermes soutiens consistent en espérances loin-aines, et vos forces disponibles sont bien peu de chose pour riompher de celles qui se déploient sous vos yeux. Ce serait e comble de l’aveuglement que de ne pas prendre, après notre lépart, une résolution prudente. Vous ne serez pas les jouets de ;e fol amour-propre qui, dans les dangers manifestes et sans gloire, mène les hommes à leur ruine. Combien de gens, sans se faire illusion sur les conséquences de leur conduite, se laissent

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entraîner par le prestige d’un seul mot, l’honneur! Infatués de sa vertu magique, ils se jettent de gaieté de cœurdans des maux sans remède, et se couvrent d’un opprobre d’autant plus grand qu’il est dû à leur folie plutôt qu’à la fortune. C’est là ce que vous éviterez, si vous écoutez la raison. Tous ne tiendrez pas à déshonneur de céder à une ville puissante, qui borne ses prétentions à vous demander de devenir ses allie tributaires, tout en conservant vos biens. Libres d’opter entre la paix et la guerre, vous ne préférerez pas le mauvais parti. Résister à ses égaux, respecter les forts, ménager les faibles, tel est le moyen de se maintenir. Réfléchissez donc mûrement après notre départ, et dites-vous bien que c’est ici une question de vie ou de mort pour votre patrie ; que vous n’en arei qu’une, et que son avenir dépendra d’une seule résolution bonne ou mauvaise. »
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="112"><p>Là-dessus les Athéniens quittèrent rassemblée. Le Méliens, demeurés seuls, prirent une décision conforme am principes émis par eux dans la conférence et répondirent :
</p><p>« Athéniens, notre manière de voir n’a pas changé. Il ne sera pas dit qu’une ville qui compte sept siècles d’existence<note xml:lang="mul"><p>Mélos fut colonisée, en même temps que Théra, par des Doriens partis de Laconie peu de temps après le retour des Héraclides, c’est-à-dire environ 1050 av. J. G. Il y avait donc précisément six cent quarante-quatre ans à cette époque de la guerre du Péloponèse.    </p></note> se soit laissé en quelques instants ravir sa liberté. Reins de confiance dans la protection divine qui nous a préservés jusqu’à ce jour, dans le secours des hommes et notamment des Lacédémoniens, nous essayerons de pourvoir à notre salut. Nous ne vous demandons qu’une chose : c’est de consentir à ce que nous soyons vos amis, tout en gardant la neutralité. Nous vous invitons à évacuer notre territoire, après avoir fait un traité aux conditions qui seront agréées par les déni partis. »
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="113"><p>Telle fut la réponse des Méliens. Les Athéniens, rompant la conférence, s’exprimèrent en ces termes :
</p><p>« Il paraît, d’après votre résolution, que seuls d'entre les hommes vous considérez l’avenir comme plus assuré que ce qui est sous vps yeux, et l’incertain comme déjà réalisé parle J fait de votre désir. Vous hasardez beaucoup en vous fiant am Lacédémoniens, à la fortune, à l’espérance. C’est vous préparer une amère déception. »
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="114"><p>Là-dessus les députés athéniens rejoignirent l’année. Les généraux, voyant les Méliens s’obstiner, firent aussrtdt leurs dispositions d’attaque. Ils investirent Mélos d’un morde circonvallation, dont les troupes de chaque ville se partagèrent le travail, selon leur force numérique. Ils laissèrent d«

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étachements athéniens et alliés pour faire la garde par terre t par mer ; puis ils remirent à la voile avec le reste de l’ar-îée. Ceux qui demeuraient continuèrent le siège.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="115"><p>À la même époque, les Argiens envahirent le ternaire de Phlionte ; mais, étant tombés dans une embuscade qui îur fut tendue par les Phliasiens et par leurs propres bannis, Ls perdirent près de quatre-vingts hommes. Les Athéniens ui étaient à Pylos firent en Laconie un butin considérable. Ce ie fut pas pour les Lacédémoniens un motif de rompre la trêve t de leur déclarer la guerre ; seulement ils firent publier qu’en eprésailles chacun serait libre de piller les Athéniens. Les lorinthiens prirent aussi Les armes contre Athènes à Focca-ion de quelques difficultés particulières. Dans le reste du Péloponèse la paix ne fut pas troublée.               '
</p><p>Les Méliens, dans une attaque nocturne, s’emparèrent d’une partie de la circonvallation athénienne en face de l’agora, ils tuèrent quelques hommes, et introduisirent dans la ville lu blé et d’autres substances alimentaires ; après quoi ils rentrèrent et se tinrent en repos. Les Athéniens firent dès lors meilleure garde. Ce furent les derniers événement? de l’été.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:5" n="116"><p>L’hiver suivant, les Lacédémoniens se disposèrent à marcher contre PArgoIide ; mais les victimes pour le passage de la frontière n’ayant pas été favorables, ils rebroussèrent chemin. Cette démonstration inspira aux Argiens des soupçons contre quelques-uns de leurs concitoyens. Ils en arrêtèrent une partie ; les autres prirent la fuite.
</p><p>Vers la même époque, les Méliens enlevèrent une nouvelle partie delà circonvallation, faiblement gardée par les Athéniens. Peu de temps après, une seconde armée arriva d’Athènes sous la conduite de Pbilocratès fils de Déméas. Dès lors le siège fut poussé avec plus de vigueur. La trahison s’en étant mêlée, les Piégés se rendirent à discrétion. Les Athéniens passèrent au fil de l’épée tous les adultes tombés en leur pouvoir, et réduisirent en servitude les femmes et les enfants. Plus tard, ils repeuplèrent File par l’envoi de cinq cents colons tirés de leur sein.</p></div></div><pb n="316"/><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="6"><note xml:lang="mul" type="toc"><list type="simple"><item>Les Athéniens projettent de conquérir la Sicile; grandeur, population, et colonisation de cette livre, ch. i-vi.</item><item>Expéditions des Lacédémoniens en Argolide et des Athéniens en Macédoine, ch. vii.</item><item>Dix-septième année de la guerre. Les Athéniens décrètent l’envoi d’une flotte en Sicile pour secourir les Ëgestains et rétablir les Léontins. ch. viii.</item><item>Nicias s’oppose à cette expédition, ch. ix-xiv.</item><item>Alcibiade au contraire la recommande, ch. xv-xvm.</item><item>Les Athéniens votent l’expédition dè Sicile, ch. xix.</item><item>Nicias cherche à les effrayer par la grandeur des préparatifs, ch. xx-xxîn.</item><item>Son discours produit l’effet contraire, ch. xxiv-xxv.</item><item>Commencement des préparatifs, ch. xvi.</item><item>Mutilation des Hermès, ch. xxvn-xxix.</item><item>Départ de . la flotte athénienne, ch. xxx-xxxii.</item><item>A Syracuse Hermocratès annonce l’approche des Athéniens et sollicite des mesures de défense, ch. xxxm-xxxiv.</item><item>Athénagoras cherche à le réfuter en parlant dans le sens populaire, ch. xxxv-xl.</item><item>Un des généraux met fin au débat, ch. xli.</item><item>Marche de la flotte athénienne, ch. xm-xuv.</item><item>Préparatifs des Syracusains, ch. xlv.</item><item>Conseil de guerre tenu par les généraux athéniens, ch. xlyi-xlix.</item><item>Naxos et Catane se déclarent pour les Athéniens, ch. l-lii.</item><item>Rappel d’Alcibiade, ch. un.</item><item>Digression sur les Pisistratides, ch. liv-lix.</item><item>Alcibiade s’échappe; il est condamné par contumace, ch. lx-lxi.</item><item>Prise d’Hyccara par les Athéniens, ch. lxii.</item><item>Dans l’hiver, les Athéniens abordent près de Syracuse, battent les Syracusains et retournent à Catane, ch. mn-lxxi.</item><item>Les Syracusains demandent des secours à Corinthe et à Lacédémone, ch. lxxii-lxxiii.</item><item>Les Athéniens hivernent à Naxos, ch. lxxiv.</item><item>Les Syracusains se fortifient, ch. lxxv.</item><item>Ambassade des deux partis à Camarine; discours d'Hermocratès et d’Euphémos, ch. lxxvi-lxxxvii.</item><item>Corinthe et Lacédémone décident l’envoi de secours à Syracuse, ch. lxxxviu.</item><item>Discours d'Alcibiade, ch. Lxxm-xcn.</item><item>Gylippe est désigné pour aller prendre le commandement des Syracusains, ch. xciii.</item><item>Dix-huitième année de la guerre. Entreprises partielles des Athéniens et des Lacédémoniens, ch. χατ-xcv.</item><item>Les Athéniens s’établissent sur les Ëpipoles et entreprennent le siège de Syracuse, ch. xcvi-xcvii.</item><item>Ils commencent l’investissement de la place; les Syracusains cherchent inutilement à s’y opposer, ch. xcviii-ciii.</item><item>Gylippe arrive en Italie avec des renforts,

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ch. civ.</item><item>Les Lacédémoniens envahissent l’Argolide; les    Athéniens ravagent les côtes de Laconie ; rupture ouverte de la
paix, ch. cv.</item></list></note><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="1"><p>Le même hiver, les Athéniens formèrent le projet de retourner dans la Sicile avec des forces supérieures à celles de Lâchés et d’Eurymédon<note xml:lang="mul"><p>Voyez liv. ΙΠ, chap. lxxxvi et cxv, et liv. IV, ch. II et LXV. </p></note>, afin de la subjuguer, s’ils le pouvaient. La plupart d’entre eux ignoraient la grandeur de cette île et le nombre de ses habitants, Grecs et Barbares. Ils ne se doutaient pas que c’était entreprendre une guerre presque égale à celle du Péloponèse.
</p><p>Pour faire le tour de la Sicile, il ne faut pas moins de huit ]ôuts à un bâtiment marchand. Quoique si vaste, elle n’est séparée du continent que par un bras de mer large tout au plus de vingt stades. J’indiquerai d’abord quels furent les anciens habitants de cette île et les divers peuples qui la colonisèrent.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="2"><p>Les premiers qui en occupèrent une partie furent, à ce qu’on prétend , les Gyclopes et les Lestrygons. Il m’est impossible de préciser l’origine de ces peuples, le lieu d’où ils étaient sortis, ni celui où ils se retirèrent. A cet égard, nous sommes réduits aux récits des poètes<note xml:lang="mul"><p>Spécialement (Homère, Odyssée, ΙΧ-XII. </p></note> et aux opinions individuelles.
</p><p>Après eux, les Sicaniens paraissent avoir formé les premiers établissements. A les croire, ils seraient même antérieurs, car ils se disent autochthones ; mais le fait est que ce sont des Ihériens, chassés par les Ligyens des bords du fleuve Sicanos en Ibérie<note xml:lang="mul"><p>On ignore quel est le fleuve que Thucydide appelle Sicanos. </p></note>. Ce sont eux qui donnèrent àl’île le nom de Sicanie, au lieu de celui de Trinacrie qu’elle portait auparavant. Ils occupent encore aujourd’hui la partie occidentale de la Sicile.
</p><p>Lors de la prise d’Ilion, quelques Troyens échappés aux Grecs arrivèrent par mer en Sicile et s’établirent dans le voisinage des Sicaniens. Ces peuples réunis prirent le nom d’Ë-lymes. Leurs villes sont Ëryx et Ëgeste. A cette colonie s’adjoignirent quelques Phocéens revenus de Troie et poussés par des tempêtes d’abord en Libye, puis en Sicile.
</p><p>Quant aux Sicules, ils habitaient primitivement l’Italie, d’où ils passèrent en Sicile pour fuir les Opiques<note xml:lang="mul"><p>Les Opiques ou Osques étaient un des plus anciens peuples de l’Italie centrale. Ils habitaient principalement la Campanie et le Samnium. </p></note>. On dit'avec assez de vraisemblance qu’ils franchirent le détroit sur des radeaux en profitant d’un vent favorable, ou n’importe par quel moyen. Il existe encore aujourd’hui des Sicules en Italie ; cette contrée a même tiré son nom d’un de leurs rois, qui s’appelait Italos. Arrivés en Sicile avec des forces considérables, ils défirent en bataille les Sicaniens, les refoulèrent vers le sud et vers l’ouest


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de l'île, et changèrent le nom de Sicanie en celui de Sicile. Ils s’établirent dans la partie la plus fertile du pays, qu’ils occupèrent près de trois cents ans à dater de leur passage jusqu’à l’arrivée des Grecs en Sicile. De nos jours encore le centre et le nord de Pile sont habités par eux.
</p><p>Les Phéniciens créèrent aussi des établissements autour de la Sicile. Ils se saisirent des caps et des îlots voisins des côtes, pour faciliter leur commerce avec les Sicules. Mais lorsque les Grecs arrivèrent par mer en nombre toujours croissant, les Phéniciens abandonnèrent la plupart de ces places, pour se concentrer à Motya, Soloïs et Panormos, dans le voisinage des Ëlymes. Ils y trouvaient le double avantage d’avoir un point d’appui dans l’hlljance de ces peuples, et d?être à proximité de Carthage, qui en cet endroit n’est séparée de la Sicile que par un court trajet.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="3"><p>Tels furent les Barbares qui peuplèrent la Sicile. Quant aux Grecs, les premiers furent des Chaicidéens venus d’Eubée sous la conduite de Thouclès. Ils fondèrent Naixos, ainsi que l’autel d’Apollon Archégétès<note xml:lang="mul"><p>C’est-à-dire conducteur primordial, épithète donnée à Apollon dans son temple de Naxos, parce que ce fut le premier endroit où les Grecs abordèrent en Sicile. </p></note>, qui est actuellement hors de la ville, et où les théores<note xml:lang="mul"><p>Députés sacrés, que les villes envoyaient pour consulter l’oracle de Delphes ou pour prendre part aux solennités religieuses des autres pays. </p></note> partant de Sicile offrent leur premier sacrifice.
</p><p>L’année suivante, Syracuse fut fondée par l’Héraclide Archias, vénu de Corinthe<note xml:lang="mul"><p>Syracuse et Corcyre, colonies de Corinthe, furent fondées la même année (probablement sept centdrente-cinq ans av. J. C.), la première par Archias, la seconde par Architélès. </p></note>. Il chassa d’abord les Sicules de vue maintenant reliée à la terre ferme et qui forme le quartier intérieur<note xml:lang="mul"><p>La petite lie de Syracuse, que Virgile appelle Ortygie et Tite Live Nasos, par opposition au quartier d’Achradine, situé sur la grande île de Sicile. Du temps de Thucydide, Syracuse ne comprenait que ces deux quartiers; plus tard elle embrassa aussi les faubourgs. Le nom d’Achradine ne se trouve pas dans Thucydide. </p></note>. Avec le temps, la ville extérieure devint aussi fort peuplée.
</p><p>Cinq ans après la fondation de Syracuse, Thouclès et les Chaicidéens, partant de Naxos, chassèrent les Sicules par la force des armes, et fondèrent premièrement Léontini, puis Catane. Les Catanéens prirent Ëvarchos pour fondateur.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="4"><p>À la même époque, Lamis arriva en Sicile à la tête d’une colonie de Mégariens, et fonda, près du fleuve Pantacyas, une place notamée Trotilos. Il l’abandonna ensuite pour s’associer aux Chaicidéens de Léontini ; mais quelque temps après, chassé par eux, il alla fonder Thapsos. Après sa mort, ses compagnons furent expulsés de cette ville ; et, sur l’invitation d’Hyblon, roi des Sicules, qui leur céda des terres, ils allèrent fonder Mégara-Hybléa. Après une occupation de deux cent quarante-cinq ans, ils furent chassés de cette ville et de son territoire par Gélon, tyran de Syracuse. Mais, avant leur expulsion et cent ans après leur premier établissement, ils avaient envoyé Pamillos fonder Sélinonte. Celui-ci était venu de Me-gare, leur métropole, pour présider à la colonisation.



<pb n="319"/></p><p>Gela fut fondée, quarante-cinq ans après Syracuse, par la réunion de deux colonies, Tune de Rhodiens conduits par Antiphémos, l’antre de Cretois ayant pour chef £utimos. La ville prit son nom du fleuve Géla ; mais le quartier qui maintenant forme la citadelle et qui fut bâti le premier, s'appelle Iindies<note xml:lang="mul"><p>Nom dérivé de Iindos, une des villes de 111e de Rhode. </p></note>. Cette ville reçut des institutions doriennes. Il y avait près de cent huit ans qu’elle subsistait, lorsque ses habitants fondèrent Agrigente. dont ils empruntèrent le nom au fleuve Acragas. Ils prirent pour fondateurs Aristonoüs et Pystilos, et donnèrent à cette ville les institutions de Géla.
</p><p>Zanclé dut sa fondation à des pirates de Cymé , ville chalei-déenne du pays des Opiques. Plus tard une troupe partie de Chalcis et du reste de l’Eubée vint partager le territoire avec eux. Les fondateurs furent Périérès et Cratéménès, l’un de Cymé, l'autre de Chalcis. Son nom primitif de Zanclé lui avait été donné par les Sicules, parce que l’emplacement qu’elle occupe a la forme d’une faucille, instrument que les Sicules appellent zanclon. Dans la suite , les habitants furent expulsés par des Samiens et par d’autres Ioniens, qui, fuyant les Mèdes, vinrent aborder en Sicile. Ces Samiens furent chassés à leur tour par Anaxilas, tyran de Rhégion, qui établit dans la ville une population mélangée, et l’appela Messine du nom de son ancienne patrie<note xml:lang="mul"><p>Anaxilas était d'origine messénienne (Strabon, VI, i). Son entreprise sur Zanclé, avec des Samiens et des Milêsiens fugitifs, est racontée par Hérodote, liv. VI, ch. xxni. </p></note>.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="5"><p>Himéra, colonie de Zanclé, eut pour fondateurs Euclidès, Simos et Sacon. Elle fut peuplée par des Chalcidéens, auxquels s’adjoignirent des exilés de Syracuse, vaincus dans une émeute et appelés Mylétides. Leur idiome fut un amalgame du chalcidéen et du dorien ; mais la législation chalcidéenne prévalut.
</p><p>Acræ et Casmènes furent fondées par des Syracusains, la première soixante-dix ans après Syracuse, la seconde vingt an» après Acræ.
</p><p>Camarine fut originairement fondée par des Syracusains, environ cent trente-cinq ans après Syracuse. Les conducteurs de la colonie furent Dascon et Ménécolos. Mais elle fut détruite par les Syracusains parce qu’elle s'était révoltée. Dans la suite, Hippocratès, tyran de Géla, reçut le territoire de Camarine pour rançon de prisonniers syracusains, et devint le nouveau fondateur de cette ville. Plus tard elle fut dépeuplée derechef par Gélon, puis restaurée pour la troisième fois par les habitants de Géla<note xml:lang="mul"><p>J’ai suivi la correction proposée par Dodwell, de Γελώων au lieu de Γελωνος. Le fait de la restauration de Camarine par les habitants de Gélà, postérieurement à la mort de Gékra, est d’ailleurs attesté par Diodore de Sicile, XI, ixxvi. </p></note>.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="6"><p>Telles sont les nations grecques et barbares qui peuplèrent

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la Sicile, et c’est dans un pays de cette étendue que les Athéniens s'apprêtaient à porter la guerre. Leur vrai motif était de faire la conquête de toute l’île : mais le prétexte dont ils coloraient cette entreprise était de secourir les populations unies à eux par les liens du sang<note xml:lang="mul"><p>Les Léontins, comme aussi les Naxiens et les Catanéens, en tant que colonies de Chalcis en Eubée, appartenaient à la grande famille ionienne, dont les Chalcidéens étaient un rameau, et se trouvaient ainsi en ^arenté avec les Athéniens.   </p></note> ou par des traités. A cela il faut joindre les instances des députés d’Égeste, venus à Athènes pour réclamer aide et protection. Voisins de Sélinonte, lesÉges-tains étaient en guerre avec cette ville pour des questions de mariages <note xml:lang="mul"><p>Le droit d’épigamie (jus connubit) consistait dans la faculté accordée, sous réciprocité, entre deux peuples, de prendre des femmes l’un chez l’autre. Ce droit formait souvent une clause des traités, et sa violation pouvait devenir un cas de guerre. </p></note> et de frontières. Les Sélinontins, soutenus par leurs alliés de Syracuse, pressaient les Ëgestains par terre et par mer. Ceux-ci, au nom de l'alliance conclue du tempede Lâches et de la première guerre des Léontins, demandaient aux Athéniens d’envoyer une flotte à leur secours. Entre autres arguments à l'appui de cette requête, ils faisaient valoir surtout celui-ci : «Qu’on laisse impunie, disaient-ils, l’expulsion des Léontins; qu’on permette aux Syracusains de s’emparer de toute la Sicile en écrasant les derniers alliés d’Athènes, et bientôt on les verra s'unir comme Doriens aux DorieDS dn Péloponèse, comme colons à leurs fondateurs, pour renverser la domination athénienne. La prudence exige donc de soutenir les alliés qui restent encore en Sicile et de s’opposer aux Syra-cusains, d’autant plus que les Égestains offrent de défrayer l’armée. » A force d'entendre les Ëgestains et les orateurs qui les appuyaient répéter ces discours dans les assemblées, les Athéniens résolurent d'envoyer des députés à Égeste, pour vé-# rifier l’existence des valeurs qu’on disait être dans le trésor public ou dans les temples, et pour s’informer du point où en était la guerre avec Sélinonte. Ces députés partirent pour la Sicile.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="7"><p>Le même hiver, les Lacédémoniens et leurs alliés, sauf les Corinthiens, firent une incursion en Argolide, ravagèrent une portion du territoire, et emportèrent du blé sur des chariots qu’ils avaient amenés. Ils établirent à Ornées <note xml:lang="mul"><p>Il faut admettre, malgré le silence de l’auteur, que les Lacédémoniens s’étaient précédemment emparés de cette ville, sujette et alliée des Argiens, dans les rangs desquels les Or-néates figurent à la bataille de Mantmée. </p></note> les exilés argiens, y laissèrent des troupes, et firent une convention en vertu de laquelle les Ornéates et les Argiens devaient temporairement s’abstenir de toute agression mutuelle ; puis ils rentrèrent dans leurs foyers avec le reste de leur armée. Mais les Athéniens étant peu après survenus avec trente vaisseaux et j six cents hoplites, les Argiens en masse sortirent avec eux et assiégèrent Ornées pendant un jour. La nuit suivante, les Ornéates profitèrent de l’éloignement des campements ennemis pour s’évader. Dès le lendemain, les Argiens, s’étant aperçus

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de leur départ, rasèrent Ornées et firent-leur retraite. La flotte athénienne repartit également.
</p><p>Les Athéniens expédièrent par mer à Méthone, sur les confins de la Macédoine<note xml:lang="mul"><p>A cette époque, la ville de Méthone (située près du golfe Ther-maïque, à peu de distance de Pydna) n’était pas encore soumise aux Macédoniens; mais elle était alliée d’Athènes. Voyez liv. IV, ch.cxxix. </p></note>, un corps de cavalerie composé de citoyens et d’exilés macédoniens réfugiés à Athènes. Ces troupes infestèrent le pays de Perdiccas. Les Lacédémoniens députèrent aux Chalcidéens du littoral de la Thrace, qui n’avaient avec les Athéniens qu’une trêve de dix jours <note xml:lang="mul"><p>C’est-à-dire renouvelée de dix en dix jours. Voyez liv. V, ch. xxvi. </p></note>, pour les engager à joindre leurs armes à celles de Perdiccas; mais les Chalcidéens s’y refusèrent. Sur quoi l’hiver finit, ainsi que la seizième année de la guerre que Thucydide a racontée.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="8"><p>Dès les premiers jours du printemps suivant <note xml:lang="eng" place="unspecified">Dix-septième année de la guerre, an 445 ayant J.-C.</note>, les députés athéniens revinrent de Sicile, avec des envoyés d’Êgeste apportant soixante talents d’argent non monnayé, comme solde d’un mois pour soixante vaisseaux, dont ils se proposaient de solliciter l’envoi <note xml:lang="mul"><p>soixante talents font trois cent quarante mille francs. L’équipage d’une trirème étant de deux cents hommes, la solde offerte à chaque matelot était d’une drachme par jour, c’est-à-dire le double de la paye ordinaire. </p></note>. Les Athéniens tinrent une assemblée, dans laquelle ils entendirent les rapports captieux et mensongers des Égestains et de leurs propres députés, affirmant qu’ils avaient vu de grandes valeurs toutes prêtes, soit dans les temples, soit dans le trésor public. Les Athéniens décrétèrent l’envoi de soixante vaisseaux en Sicile, avec des généraux munis de pleins pouvoirs ; c’étaient Alcibiade fils de Clinias, Nicias fils de Nicératos , et Lamachos fils de Xénophanès. Ils eurent ordre de secourir Egeste contre Sélinonte, de rétablir dans leur patrie les Léontins, si la guerre prenait une tournure favprable; enfin de régler toutes les affaires de Sicile de la manière qu’ils jugeraient la plus avantageuse aux Athéniens.
</p><p>Cinq jours après cette assemblée, il y en eut une autre pour aviser aux moyens d’activer l’armement de la flotte et pour voter les demandes supplémentaires des généraux. Nicias, qui avait été élu malgré lui, et qui pensait que la ville avait été mal inspirée en formant, sous un prétexte spécieux, le gigantesque projet de conquérir toute la Sicile i parut à la tribune pour détourner le peuple de cette résolution, et prononça le discours suivant :
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="9"><p>« Cette assemblée a pour objet les préparatifs de notre expédition de Sicile. Selon moi cependant, il convient de revenir sur le fond même de la question , pour examiner si nous faisons bien, après une courte délibération sur un sujet si grave, d’envoyer nos vaisseaux et de nous lancer , à l’instigation

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d'étrangers, dans une guerre qui ne nous touche en rien.
</p><p>« Et pourtant la carrière des armes a été pour moi une source de gloire. Moins que d’autres j’appréhende pour ma personae —non que je nie le patriotisme de celui qui ménage sa vie oa sa fortune; un tel homme, dans son propre intérêt même, recherche la sûreté de l’État ; — mais jamais dans ma vie antérieure l’attrait des honneurs ne m’a porté à trahir ma conscience , et aujourd’hui comme toujours je parlerai selon ma conviction.
</p><p>« Je sais qu’avec votre caractère j’aurais peu de chance d’être écouté, si je vous exhortais à conserver ce que vous possédez, sans risquer le certain pour rincertam. le réel pour l'imaginaire. Aussi me bornerai-je à vous démontrer que le moment est mal choisi pour cette entreprise, et que le but auquel vous visez n’est pas facile à atteindre.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="10"><p>« Je soutiens qu’entreprendre cette expédition lainteae, c’est vouloir , aux nombreux ennemis que nous laissons derrière nous, en ajouter de nouveaux et les. attirer ici. Tous croyez peut-être que la paix récemment conclue a quelque soKdité. Cette paix, tant que vous serez tranquilles, subsistera de nom — c’est à quoi l’ont réduite les intrigues pratiquées soit chez nous, soit ailleurs ; — mais au moindre échec que nous viendrons à subir, nos ennemis s'empresseront de nous attaquer: d'abord paree qu’ils- ont traité à La suite de rêvas, par nécessité, à des conditions humiliantes ; puis parce que le texte du traité laisse plusieurs points en litige. Il est même tels peuples — et ce ne sont pas les moins puissants — qui n’ont pas encore accepté cette paix. Les uns nous font une guerre ouverte, les autres ne sont retenus que par l’inaction des Lacédémoniens et par des armistices de dix jours. Qui sait si tnwh vant nos forces divisées—et c’est à quoi nous travaillées présentement, — ils ne seront pas tentés de nous attaquer, de concert avec les Grecs de Sicile, dont naguère ils eusses! mis l’alliance à un si haut prix ?
</p><p>« C’est là ce qu’il nous faut envisager, au lieu d’aller, quand la situation de notre république est si incertaine , mous jeter dans des périls pour étendre notre domination avant de l’avmr affermie. Les Chalcidéens du littoral de la Thrace, révolté» depuis tant d’années, sont encore insoumis; certains peuplesèa continent ne montrent qu’une obéissance douteuse ; et nous, qui sommes si prompts à prendre fait et cause pour les Égestains,

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nous différons de venger nos propres outrages sur des sujets dès longtemps insurgés.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="11"><p>« Si nous venions à bout de les réduire, il y aurait moyen de les contenir. Pour ceux de Sicile, nous aurions beau les vaincre, il nous serait presque impossible, vu leur éloignement et leur grand nombre, de les faire rester dans le devoir. Or il est insensé de marcher contre des peuples que la victoire ne pourra soumettre, tandis qu’un échec suffit pour qu’on ne puisse plus les attaquer avec le même avantage.
</p><p>« A mon avis, les Grecs de Sicile, dans leur état présent, nous sont peu redoutables. Ils le seraient bien moins s’ils devenaient sujets de Syracuse, ce qui est le grand épouvantail agité par lesËgestains. Aujourd’hui, divisés comme ils le sont, ils pourraient marcher contre nous par complaisance pour Lacédémone; mais, dans l’autre hypothèse, il n’est pas à présumer qu’un empire s’attaque à un autre empire. Supposez en effet que, d’accord,avec les Péloponésiens, ils parvinssent à détruire notre domination ; la leur, selon toute apparence, subirait le même sort de la part des mêmes hommes. Pour nous, le meilleur moyen d’imposer aux Grecs de ces contrées, c’est de nous en tenir à distance ou de n’y faire qu’une courte apparition pour leur montrer notre puissance, et de nous retirer aussitôt après. Autrement, au premier échec de nos armes, ils ne manqueraient pas de nous mépriser et de se joindre à nos anciens adversaires. Nous savons tous qu’on admire ce qui est lointaint ce qui n’a pas encore donné la mesure de ses forces. Vous Pavez éprouvé vous-mêmes à Fégard des Lacédémoniens et de leurs alliés. Pour avoir triomphé d’eux contrairement à votre attente et à vos premières appréhensions, vous en êtes venus à les dédaigner et déjà même à convoiter la Sicile. Or il ne faut pas se prévaloir des revers de ses ennemis, mais attendre pour prendre confiance que Ton ait terrassé leur orgueil.
</p><p>« Ne croyez pas que les Lacédémoniens, dans leur abaissement actuel, aient d’autre ambition que de déjouer , s’il se peut, nos projets, et d’effacer une tache compromettante ponr leur réputation si lentement et si laborieusement acquise. Aussi n’est-ce pas des Ëgestains , peuple barbare , que nous devons nous préoccuper, si nous sommes sages, mais plutôt des meilleurs moyens de prévenir les embûches d’un gouvernement oligarchique.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:6" n="12"><p>« Ne perdons pas de vue qu’à peine sortis d’une guerre

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et d’une épidémie terribles, nous commençons seulement à reprendre haleine et à voir s’accroître nos richesses et notre population. Ces ressources , il est juste de les employer pour nous-mêmes, et non pour ces bannis qui mendient des secours. Ils ont leurs raisons pour déguiser adroitement la vérité. Aux autres les périls; pour eux l’enjeu n’est qu’en paroles. En cas de succès, jamais leur reconnaissance n’égalera le service rendu; en cas de malheur, ils entraîneront leurs amis dans la ruine.
</p><p>« Si certain personnage<note xml:lang="mul"><p>Allusion dirigée contre Alcibiade. A cette époque il devait avoir trente-trois ans.  </p></note>, tout fier d’un commandement qu’il est trop.jeune pour exercer, vous excite à une expédition qui lui permettra de briller par ses chevaux et de faire servir à son faste la dignité dont il est revêtu, ne sacrifiez pas l’utilité publique à l’ostentation d’un particulier. Songez que de tels citoyens sont les fléaux de l’État et les dissipateurs de leur patrimoine. Ne livrez pas une si vaste entreprise à la témérité d’un jeune hommë.
</p></div></div></div></body></text></TEI>
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