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                    <TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="1"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="92"><p>Les Lacédémoniens, à ce discours, ne laissèrent percer aucune aigreur contre les Athéniens. En leur envoyant une ambassade, ils n’avaient pas prétendu, dirent-ils, leur donner^ des ordres, mais simplement un conseil dicté par l’intérêt de tous. A cette époque ils étaient dans les meilleurs termes avec les Athéniens, à cause du zèle dont ceux-ci avaient fait preuve dans la guerre Médique; toutefois ils éprouvaient un secret déplaisir d’avoir manqué leur but. Quant aux députés, ils se retirèrent les uns et les autres sans récriminations.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="93"><p>C'est ainsi que les Athéniens fortifièrent leur ville dans un court espace de temps. L’ouvrage porte encore aujourd’hui des traces de la précipitation avec laquelle il fut exécuté. Les fondements sont en pierres de toute espèce, non appareillées, telles que chacun les apportait. On y fit entrer jusqu’à des colonnes sépulcrales et des marbres sculptés. L’enceinte de la ville fut élargie en tout sens<note xml:lang="mul"><p>C’est pour cela qu’on fut obligé de démolir les sépulcres les plus voisins de l’ancienne enceinte ; autrement ils eussent été enclavés dans la nouvelle ville, contrairement à la loi. </p></note>. L’empressement faisait qu’on remuait tout sans distinction.
</p><p>Thémistocle persuada aussi d’achever les constructions du Pirée, précédemment commencées pendant l’année de son ar-chontat <note xml:lang="mul"><p>On n’est pas d’accord sur la date de l’archontat de Thémistocle. Clinton [Fasti Hellenici) le place en 481 av. J. C. </p></note>. Cet endroit lui paraissait favorable à cause de ses trois ports naturels<note xml:lang="mul"><p>Les trois darses du Pirée s’appelaient Zéa, Aphrodision et Can-thaTos. </p></note>; il pensait que les Athéniens trouveraient dans la marine les moyens de parvenir à une grande puissance. Le premier il osa dire qu’il fallait s’adonner à la mer, et il fit aussitôt mettre la main à l’œuvre. D’après son avis, on donna au mur l’épaisseur qu’on lui voit aujourd’hui autour du Pirée; les pierres étaient apportées par des chariots attachés deux à deux<note xml:lang="mul"><p>Ceci doit s’entendre de chars à deux roues, attachés de manière à n’en former qu’un, ressemblant à un fardier. La pierre, trop grosse pour être placée sur un seul char, était supportée d’un bout par le premier train, de l’autre par le second, comme ceîa se pratique pour le transport des longues pièces de bois.  </p></note>; dans l’intérieur il n’y avait ni blocage ni mortier, mais le mur consistait en grosses pierres de taille, jointes par des crampons defer scellés avec du plomb. La hauteur totale ne fut guère que la moitié de ce que projetait Thémistocle ; il eût voulu que l’élévation et l’épaisseur de ces murailles défiassent tous les assauts, et il pensait que pour la défense il suffirait d’un petit nombre des hommes les moins valides, tandis que les autres

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monteraient sur les vaisseaux. La grande importance qu’il attachait à la marine venait sans doute de ce qu’il avait reconnu que l’armée du roi avait l’accès plus facile par mer que par terre. A ses yeux, le Pirée était plus essentiel que la ville haute; souvent il conseillait aux Athéniens, s’ils venaient à être pressés sur terre, de descendre au Pirée et de s’y défendre sur leurs navires envers et contre tous.
</p><p>Ce fut ainsi que les Athéniens élevèrent leurs remparts et les autres constructions, immédiatement après la retraite des Mèdes.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="94"><p>Cependant Pausanias, fils de Cléombrotos, avait été •envoyé de Lacédémone, avec vingt vaisseaux du Péloponèse, en qualité de général des Grecs. Cette armée, renforcée de trente vaisseaux athéniens et d’une foule d’alliés, se porta d’abord contre l’île de Cypre, qu’elle soumit en grande partie ; de là, toujours sous le même commandement, elle alla attaquer Byzance, que les Mèdes occupaient, et qu’elle prit à la suite d’un siège.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="95"><p>Mais le caractère altier de Pausanias ne tarda pas à indisposer les Grecs, surtout les Ioniens et tous ceux qui s’étaient récemment soustraits à la domination du roi. Ils s’adressèrent donc aux Athéniens et les prièrent, en vertu de leur commune origine, de se placer à leur tête et de les protéger au besoin contre les violences de Pausanias. Les Athéniens accueillirent cette demande et s’occupèrent de prendre les mesures les plus convenables pour être en état d’y satisfaire.
</p><p>Sur ces entrefaites, les Lacédémoniens rappelèrent Pausanias pour lui faire son procès à l’occasion des faits dont ils avaient été informés. Les Grecs qui arrivaient à Lacédémone étaient unanimes à l’accuser, et son généralat ressemblait fort à la tyrannie . Il fut précisément rappelé au moment où les alliés, sauf les troupes du Péloponèse, passaient sous les ordres des Athéniens. De retour à Lacédémone, il fut condamné sur quelques chefs particuliers, mais absous des accusations les plus graves; on l’accusait surtout de médisme<note xml:lang="mul"><p>Attachement au parti des Mèdes, crime de haute-trahison. Voyez I, cxxxv; III, Lxn, lxiv. </p></note>, et le reproche paraissait fondé. On lui retira donc le commandement ; on fit partir à sa place, avec peu de monde, Dorcis et d’autres, dont les alliés déclinèrent l’autorité. Ces chefs aussitôt se retirèrent; dès lors les Lacédémoniens n’en envoyèrent plus. L’exemple de Pausanias leur faisait craindre qu’ils ne se pervertissent en sortant du pays ; d’ailleurs ils étaient las de la guerre Médique; ils se reposaient sur les Athéniens du soin de la conduire, car en ce moment les deux peuples étaient amis.

<pb n="49"/></p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="96"><p>Ainsi investis du commandement par l’adhésion spontanée des alliés, auxquels Pausanias s'était rendu odieux, les Athéniens déterminèrent quelles villes auraient à fournir de l'argent ou des vaisseaux pour la continuation de la guerre contre les Barbares. Le prétexte fut de ravager le pays du roi par droit de représailles. De cette époque date chez les Athéniens l'institution des Hellénotames<note xml:lang="mul"><p>Trésoriers des Grecs. Ces magistrats athéniens, probablement au nombre de dix, étaient chargés de recevoir le tribut que les alliés apportaient à Athènes à l’époque des fêtes de Bacchus. Le trésor commun ne resta pas longtemps à Délos ; les Athéniens le transportèrent à Athènes, et en disposèrent comme d'un reverrti. Les assemblées de Délos cessèrent pareillement. </p></note>, magistrats chargés de recevoir le tribut, car tel fut le nom donné à cette contribution. Ce tribut fut fixé dans Γ origine à quatre cent soixante talents<note xml:lang="mul"><p>Environ deux millions cinq cent mille francs. Au commencement de la guerre du Péloponèse, la somme était de six cents talents (II, xm), parce que les défections successives avaient été punies par une aggravation de tribut. </p></note>. Le trésor fut déposé à Délos, et les assemblées se tinrent dans le temple.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="97"><p>Placés à la tête d'alliés originairement indépendants et ayant droit de suffrage dans des assemblées générales, les Athéniens étendirent peu à peu leur domination, soit par les armes, soit par des mesures administratives, dans l’intervalle compris entre la guerre Médique et celle-ci. Ils eurent tour à tour à combattre les Barbares, leurs propres alliés révoltés, et enfin les Péloponésiens, qu’ils rencontraient dans tous leurs différends. A ce propos je me suis permis une digression, parce que tous mes devanciers ont laissé cette période dans l’ombre, et se sont bornés à raconter Thistoire de la Grèce avant ou pendant les guerres Médiques. Le seul qui ait abordé ce sujet, Hellanicos, dans son histoire d’Athènes<note xml:lang="mul"><p>Hellanicos, ancien historien grec, né à Myti-lène dans l’île de Lesbos. Il est classé parmi les logographes et doit être antérieur à Hérodote. Les ouvrages attribués à Hellanicos, et dont nous ne possédons guère que les titres, sont fort nombreux. Son histoire d’Athènes (’AriKç), dont il est ici question, était divisée en quatre livres, et remontait jusqu’aux temps fabuleux.   </p></note>, n’a fait que l'effleurer, sans indiquer exactement la chronologie. D’ailleurs cet exposé achèvera de faire connaître comment s'établit l’empire des Athéniens.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="98"><p>D’abord, sous la conduite de Cimon, fils de Miltiade, ils assiégèrent et prirent sur les Mèdes la ville d'Éïon, à l’embouchure du Strymon. Les habitants furent vendus comme esclaves. Ensuite ils firent subir le même traitement à la population de Scyros, île de la mer Égée, habitée par des Dolopes, et qu'ils repeuplèrent par une colonie d’Athéniens<note xml:lang="mul"><p>L'île de Scyros est voisine de la Thessalie. Ses habitants exerçaient la piraterie. Ils furent condamnés par les Àm-phictyons pour avoir capturé des vaisseaux qui se rendaient à Delphes. Les Athéniens furent chargés de l'exécution de la sentence. De la dlme du butin fait à Scyros, ils élevèrent à Athènes le célèbre temple de Thésée, Cimon ayant soi-disant retrouvé dans l’île les ossements de ce héros. </p></note>. Ils soutinrent aussi contre les Carystiens<note xml:lang="mul"><p>Carystos, ville située sur la côte méridionale de l'Eubée, au pied du mont Ocha. Le reste de nie était tributaire des Athéniens. </p></note> une guerre, à laquelle le reste del’Eubée demeura étranger· et qui se termina par un accommodement. Après cela, les Naxiens se révoltèrent ; mais ils furent attaqués, assiégés et soumis. Ce fut la première ville alliée qui fut privée de la liberté, contrairement au droit établi ; plus tard les autres éprouvèrent successivement le même sort.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="99"><p>Les défections provenaient de plusieurs causes, en particulier de la difficulté qu’éprouvaient la plupart des alliés à fournir régulièrement l’argent, les vaisseaux et même les hommes. Les Athéniens usaient de rigueur, et se faisaient haïr en

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employant la contrainte envers des gens qui n’avaient ni l’habitude ni la volonté d’endurer les fatigues de la guerre<note xml:lang="mul"><p>Sur la répugnance des Ioniens pour le service militaire, voyez Hérodote, VI, xii. </p></note>. Leur commandement avait cessé d’être accepté avec plaisir; dans les expéditions communes, ils ne traitaient plus les alliés en égaux, et il leur était facile de réprimer les rébellions. La faute en était aux alliés eux-mêmes ; la plupart, dans leur répugnance à porter les armes et à s’éloigner de leurs foyers, s’étaient imposé, en place des vaisseaux à fournir, une somme d’argent équivalente Ainsi la marine athénienne s’accroissait avec les fonds fourn s parles alliés; et lorsque ceux-ci venaient à se révolter, ils se trouvaient engagés dans la guerre sans avoir ni l’expérience ni les forces nécessaires pour la soutenir.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="100"><p>Ce fut après ces événements que les Athéniens et leurs alliés livrèrent un combat sur terre et un combat naval contre les Mèdes à l’embouchure du fleuve Eurymédon en Pamphylie. Les Athéniens, commandés par Gimon, fils de Miltiade, remportèrent dans le même jour une double victoire. Ils prirent ou détruisirent les trirèmes phéniciennes au nombre de deux cents.
</p><p>Quelque temps après eut lieu la défection des Thasiens, occasionnée par un différend au sujet des comptoirs et des mines qu’ils possédaient sur la côte de Thrace, située en face de leur île <note xml:lang="mul"><p>Ce sont les fameuses mines d'or et d'argent du mont Pangée, dans la Thrace méridionale, entre les fleuves Strymon et Nestos. Ces mines avaient été découvertes par les Phéniciens; puis les Grecs les avaient exploitées ; enfin elles tombèrent entre les mains de Philippe de Macédoine, qui en tira un revenu considérable, et bâtit dans le voisinage la ville de Philippes. </p></note>. Les Athéniens dirigèrent une flotte contre Thasos, furent vainqueurs sur mer et opérèrent un débarquement.
</p><p>Vers la même époque, ils envoyèrent dix mille colons, Athéniens et alliés, pour s’établir sur le bord du Strymon, à l’endroit alors appelé les Neuf-Voies et maintenant Amphipolis<note xml:lang="mul"><p>Amphipolis était situé à l'endroit où le Strymon sort du lac Cer-cinitis, à deux lieues de la mer. Aristagoras de Milet avait essayé d'y établir une colonie; mais elle avait été détruite par les Édoniens (Hérodote, V, cxxiv, ofi l’endroit est nommé Myrcinos). Attirés par les avantages de cette position, les Athéniens renouvelèrent deux fois la même entreprise, d’abord sans succès; mais enfin, en 437 av. 3. C., sous -la conduite d'Hagnon, ils triomphèrent de la résistance des Thraces, et fondèrent définitivement la ville d'Amphipolis. Voyez liv. IV, ch. en. </p></note>. Ils s’emparèrent des Neuf-Voies sur les Édoniens; mais s’étant avancés dans l’intérieur des terres, ils furent taillés en pièces àDrabescos dans TÉdonie par les forces réunies des Thraces, qui voyaient de mauvais œil l’établissement formé aux Neuf-Voies.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="101"><p>Cependant les Thasiens, vaincus en plusieurs rencontres et assiégés, eurent recours aux Lacédémoniens, et les prièrent de faire en leur faveur une diversion en Àttique. Ceux-ci leur en firent la promesse secrète, et ils auraient tenu parole, sans le tremblement de terre<note xml:lang="mul"><p>Ce tremblement de terre eut lieu en 465 av. J. C. 11 renversa toute la ville de Sparte, excepté cinq maisons, et fit périr vingt mille personnes. Voyez Inodore de Sicile, IX, lxiii; Plutarque, Cimon, xvi; Pausanias, IV, χχιν; VII, xxv. </p></note> dont les Hilotes et quelques-uns des Périèques<note xml:lang="mul"><p>Les périèques de Laconie étaient les anciens habitants du pays, Achéens d’origine, qui furent soumis à une sorte de vasselage par les conquérants doriens. A la suite d'une révolte, un grand nombre d'entre eux furent réduits à la condition d’Hilotes ou d'esclaves publics. </p></note>, tels que les Thuriates et les Êthéens, prirent occasion pour s’insurger et se retirer sur le mont Ithome. La plupart de ces Hilotes descendaient des anciens Messéniens asservis dans le temps<note xml:lang="mul"><p>Du temps de Thucydide, la Messénie était, depuis près de trois siècles, incorporée à la Laconie, et avait perdu son nom. Ethéa était en Laconie, Thuria en Messénie, à l’embouchure du Pamisos. Ithome est la célébré montagne qui, dans la première guerre de Messénie, avait servi de citadelle aux Messéniens. </p></note> ; c’est ce qui fit donner à tous les révoltés le nom de Messéniens. Ainsi les Lacédémoniens eurent une guerre à soutenir centre les révoltés d’Ithome. Pour les Thasiens, après trois

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ans de siège, ils capitulèrent avec les Athéniens, à condition de raser leurs murailles, de livrer leurs vaisseaux, de s’imposer une contribution immédiate et de payer régulièrement leur tribut à l’avenir, enfin d’abandonner leurs mines et toutes leurs possessions du continent.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="102"><p>Les Lacédémoniens, voyant se prolonger la guerre contre les insurgés d’Ithome, réclamèrent l’assistance de leurs alliés et notamment des Athéniens; ceux-ci vinrent en grand nombre sous la conduite de Cimon. Ce qui les avait fait appeler, c’était leur réputation d’habileté dans la tactique obsidionale. Mais comme, malgré leur présence, le siège n’avançait pas, cette habileté parut en défaut; avec plus de vigueur, ils auraient dit emporter la place. C’est à 'la suite de cette campagne que les Lacédémoniens et les Athéniens commencèrent à se brouiller ouvertement. Le siège traînant en longueur, les Lacédémoniens appréhendèrent la turbulence et l’audace des Athéniens, qu’ils regardaient d’ailleurs comme d’une race étrangère ; ils craignirent qu’en restant devant Ithome, ils ne finissent par prêter l’oreille aux suggestions des assiégés et par opérer quelque révolution. Aussi les congédièrent-ils seuls de leurs alliés, sous prétexte qu’ils n’avaient plus besoin d’eux, sans toutefois leur témoigner aucune défiance. Les Athéniens sentirent qu’on les renvoyait sans leur donner le véritable motif, et que l’on avait conçu contre eux quelque soupçon. Indignés de cette, offense gratuite, à peine furent-ils de retour dans leurs foyers que, brisant l’alliance conclue avec Lacédémone contre les Mèdes, ils se liguèrent avec les Argiens ses ennemis. Les deux peuples s’unirent également aux Thessaliens par des serments et par une convention.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="103"><p>Après dix ans de siège, les révoltés d’Ithome, réduit aux abois, capitulèrent avec les Lacédémoniens. Ils s’engagèrent, sous la foi d’un traité, à sortir du Péloponèse et à n’y jamais rentrer, sous peine pour celui qui serait pris de devenir l’esclave de quiconque le saisirait. Précédemment il était venu de Delphes un oracle ordonnant aux Lacédémoniens de laisser aller le suppliant de Jupiter Ithomatas<note xml:lang="mul"><p>Le sommet du mont Ithome, de même que celui de toutes les hautes montagnes de la Grèce, était consacré à Jupiter.     <pb n="497"/></p><p>Ce dieu y avait un autel entouré d'une encéinte en pierres brutes. Voyez Pausanias, ΠΙ, χχνι ; IV, v. </p></note>. Ils sortirent donc avec leurs enfants et leurs femmes. Les Athéniens, en haine des La. cédémoniens, accueillirent ces fugitifs, et leur cédèrent la ville de Naupacte, qu’ils avaient prise depuis peu sur les Locriens-Ozoles.
</p><p>Les Mégariens entrèrent aussi dans l’alliance d’Athènes et se détachèrent de Lacédémone, à cause de la guerre que leur fais

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saient les Corinthiens pour des limites territoriales. Ainsi les Athéniens devinrent maîtres de Mégare et de Pagæ<note xml:lang="mul"><p>Place maritime, appartenant à la Mégaride, et située au N. de ce pays, sur le golfe de Corinthe. Elle occupait un passage menant en Béotie. </p></note> ; ils construisirent pour les Mégariens les longs murs qui vont de la ville à Niséa<note xml:lang="mul"><p>Port de Mégare, à 18 stades de cette ville et sur le golfe Saro-nique. Voyez liv. III, ch. u, note 3. </p></note>, et en prirent eux-mêmes la garde. Ce fut le principal motif de la haine implacable des Corinthiens contre les Athéniens.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="104"><p>Sur ces entrefaites, le Libyen Inaros, fils de Psammi-tichos et roi des Libyens qui confinent à l’Égypte, parti de Maréa, ville située au-dessus de Pharos <note xml:lang="mul"><p>Petite île située sur la côte d’Égypte et célèbre par son fanal. Alexandre la relia au continent par une chaussée de 7 stades pour former le port d’Alexandrie. — Maréa était une ville de la baàse Égypte, à l’extrémité N. O. près de la bouche Canopique et du lac Maréotis, qui lui doit son nom. </p></note>, souleva contre' le roi Artaxerxès la majeure partie de l’Égypte; et, devenu souverain de cette contrée, il appela les Athéniens. Ceux-ci se trouvaient alors en Cypre avec deux cents vaisseaux d’Athènes et des alliés. Ils quittèrent cette île pour se rendrè à l’invitation d’Inaros, remontèrent le Nil, et, maîtres de ce fleuve ainsi qu£ des deux tiers de Memphis, ils attaquèrent le troisième quartier, nommé le Mur Blanc<note xml:lang="mul"><p>Quartier de Memphis, ainsi appelé, dit le scholiaste, parce qu’il était construit en pierres de taille, tandis que le reste des murailles de Memphis était en briques rouges. Le Mur-Blanc servait de citadelle à la garnison que les Perses tenaient à Memphis. </p></note>, où s’étaient retirés les Perses, les Mèdes et les Égyptiens qui n’avaient pas pris part à la révolte.
</p></div></div></div></body></text></TEI>
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