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                    <TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="1"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="63"><p>A son retour de la poursuite, Aristéus, voyant que cette partie de l’armée avait été défaite, hésita d’abord de quel côté il tenterait de faire retraite, vers Olynthe ou vers Potidée. Le parti auquel il s’arrêta, fut de serrer sa troupe autant que possible et de se jeter à la course dans Potidée. Il y réussit, non

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sans peine, en marchant dans la mer le long de la berme<note xml:lang="mul"><p>En termes de constructions maritimes on appelle herme ou fisberme un enrochement destiné à protéger contre les vagues le pied d’un mur baigné par la mer. </p></note> et sous une grêle de traits <note xml:lang="mul"><p>Potidée occupait toute la largeur de l’isthme, et ses murs étaient de part et d’autre battus par les flots. Aristéus ne pouvait pénétrer dans la ville par les portes dites de Thrace, tournées vers le continent, et apparemment fermées pour empêcher les Athéniens de s’y jeter tout d’un trait avec les fuyards. Il fut donc obligé dé gagner les portes ouvrant sur la Pallène, et pour cet effet de longer le pied du mur de la ville, en s’exposant aux traits des vaisseaux Athéniens. </p></note>. Il perdit quelques hommes, mais il sauva le plus grand nombre.
</p><p>Quant au corps placé en observation en avant d’Olynthe, — cette ville s’aperçoit de Potidée, dont elle n’est éloignée que de soixante stades<note xml:lang="mul"><p>Le stade, mesure de distances, équivaut à cent quatre-vingt-cinq mètres. Il faut huit stades grecs pour faire un mille romain. </p></note>,— lorsqu’on eut arboré les signaux et que l’action fut engagée, il fit un mouvement en avant pour y prendre part; mais les cavaliers macédoniens lui barrèrent le passage. D’ailleurs, comme la victoire se déclara promptement en faveur des Athéniens, l’armée d’Olynthe, voyant les signaux abaissés, rentra dans la place, et les Macédoniens rejoignirent les Athéniens. Ainsi des deux côtés la cavalerie ne fut pas engagée.
</p><p>Après ce combat, les Athéniens érigèrent un trophée et rendirent les morts par composition. Les Potidéates et leurs alliés avaient perdu un peu moins de trois cents hommes ; les Athéniens cent cinquante, avec Callias leur général.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="64"><p>Aussitôt les Athéniens tracèrent des lignes et bloquèrent la ville du côté de l’isthme<note xml:lang="mul"><p>Le mur construit par les Athéniens pour bloquer la ville du côté de l’isthme devait être double, afin d’être à l’abri des attaques du dehors. Celui qu’ils élevèrent plus tard du côté de la Pallène pouvait être simple, puisqu’il n’y avait rien à craindre de la part de la péninsule. Une fois ces murs élevés, il suffisait d’une garnison pour les défendre; le reste de Tannée devenait disponible. </p></note> ; mais ils laissèrent libre le côté qui regarde la Pallène. Il leur semblait impossible de passer dans cette presqu’île pour y établir des lignes obsidionales, tout en continuant à garder l’isthme; se diviser ainsi, n’eût été prêter le flanc aux attaques des ennemis. Lorsqu’on sut à Athènes que Potidée n’était pas investie du côté de la Pallène, on envoya un renfort de seize cents hoplites athéniens, sous les ordres de Phormion, fils d’Asopios. Ce général arriva dans la Pallène; et, prenant Aphytis<note xml:lang="mul"><p>Petite ville maritime, sur la côte S. O. de la Pallène. </p></note> comme point de départ; il s’avança lentement vers Potidée en ravageant le pays. Personne ne se présenta pour le combattre, et il éleva une circonvallation du côté de la Pallène. Ainsi Potidée se trouva étroitement cernée de part et d’autre, en même temps que la flotte la bloquait par mer.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="65"><p>Aristéus, voyant la place investie et sans espoir de salut, à moins d’un secours du Péloponèse ou de quelque autre événement inespéré, conseilla aux Potidéates de ne laisser dans la ville que cinq cents hommes, pour ménager les vivres, et de profiter du premier vent favorable pour faire sortir le reste de la population. Il offrait d’être lui-même au nombre des demeurants; mais son avis ne fut pas goûté. Voulant donc prendre les dispositions devenues nécessaires et mettre dans le meilleur ordre possible les affaires du dehors, il sortit par mer, en se dérobant à la croisière athénienne. Il se rendit chez les Chalcidéens,

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et fit la guerre de concert avec eux. C’est ainsi qu’il tua bon nombre de Sermyüens<note xml:lang="mul"><p>Sermylé, petite ville située sur l’isthme de la la presqu’île Sithonia, à ΓΕ. de la Pallène. Elle était alors alliée des Athéniens. </p></note> dans une embuscade qu’il leur tendit sous les murs de leur ville. En même temps, il agissait dans le Péloponèse pour obtenir quelque secours. Après l’investissement de Potidée, Phormion prit avec lui sa troupe de seize cents hommes et alla ravager la Chalcidique etla Bottique<note xml:lang="mul"><p>Pays habité à cette époque par les Bottiéens, peuple d’origine grecque et alors allié des Chalcidéens. Ce pays était situé à ΓΕ. de      <pb n="494"/> </p><p>Potidée et du golfe Tliermaïque. Primitivement les Bottiéens avaient habité à ΓΟ. de ce golfe, sur la rive droite du fleuve Axios; mais ils avaient été chassés de là par les Macédoniens. Le nom de Bottiée ou Bottie était resté à leur ancien pays «(II, xc). Il ne faut donc pas confondre la Bottiée, province macédonienne (capitale Pella), avec la Bol-tique f habitée par des Grecs. Dans l’invasion de la Macédoine (II, c, ci), Sitalcès ravage la Bottique, mais ne pénètre pas jusqu’à la Bottiée. </p></note>, où il s’empara de quelques bourgades.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="66"><p>Tels furent, entre Athènes et le Péloponèse, les griefs qui précédèrent la guerre. Les Corinthiens se plaignaient que leur colonie de Potidée, avec les soldats de Corinthe et du Péloponèse qu’elle renfermait, fût assiégée par les Athéniens. Ceux-ci à leur tour accusaient les Péloponésiens d’avoir insurgé une ville alliée et tributaire d’Athènes et d’être venus les combattre ouvertement, de concert avec les Potidéates. Néanmoins, la rupture n'avait pas encqre éclaté; la trêve subsistait toüjours; car les Corinthiens n’avaient pas agi en vertu d’une délibération publique.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="67"><p>Mais quand ils virent Potidée investie, ils ne se tinrent plus en repos. Craignant et pour la place et pour ceux des leurs qui s’y trouvaient, ils invitèrent leurs alliés à se rencontrer à Lacédémone. Eux-mêmes s’y rendirent et accusèrent hautement les Athéniens d’avoir rompu le traité et offensé le Péloponèse. Les tëginètes n’osèrent pas envoyer ostensiblement une ambassade; mais ils poussèrent sourdement à la guerre, sous prétexte qu’ils ne jouissaient pas de l’indépendance qui leur avait été garantie par le traité. Les Lacédémoniens, après avoir convoqué ceux de leurs alliés qui avaient à se plaindre d’Athènes, à quelque titre que ce fût, tinrent leur assemblée ordinaire<note xml:lang="mul"><p>11 se tint à Lacédémone deux assemblées distinctes au sujet de la guerre. Dans la première, dont il est ici question, les Lacédémoniens sont réunis pour entendre les plaintes de leurs alliés et pour décider en principe s’il y a lieu de regarder le traité de paix comme rompu. Dans la seconde (ch. cxix), les députés de toutes les villes alliées sont convoqués à Lacédémone, avec voix délibérative, pour voter la déclaration de guerre aux Athéniens. Dans cette dernière assemblée, on vote par ville et non par tête. </p></note> et les invitèrent à parler. Plusieurs répondirent à cet appel et firent successivement entendre leurs griefs. En particulier les Méga-riens articulèrent diverses accusations graves ; ils se plaignirent surtout de ce que les Athéniens, contrairement au traité, leur fermaient tous les ports de leur obéissance ainsi que le marché d’Athènes<note xml:lang="mul"><p>Ce décret, qui tuait le commerce de Mégare, fut porté par Cha-rinos, à l’instigation de Périclès, probablement dans l’été de l’année 432 av. J. C., très-peu de temps avant l’assemblée actuelle. Voyez Plutarque (Périclès, xxix) et plusieurs allusions d’Aristophane. </p></note>. Les Corinthiens, après avoir laissé les autres alliés aigrir les Lacédémoniens, parurent les derniers et s’exprimèrent ainsi :
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="68"><p>« Lacédémoniens, la loyauté qui chez vous préside aux relations publiques et particulières fait que vous n’écoutez pas sans défiance les imputations dont on charge autrui. Si d’une part cette qualité est une marque de sagesse, de l'autre elle vous laisse dans une profonde ignorance des affaires du dehors. Bien que nous vous ayons plus d’une fois prévenus des torts que

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les Athéniens s’apprêtaient à nous faire, vous n’avez pas tenu compte de nos avertissements et vous les avez crus dictés par notre ressentiment personnel. Voilà pourquoi ce n’est pas avant l’offense reçue, mais seulement au moment où le mal s’accomplit, que vous avez convoqué les alliés ici présents, devant lesquels il nous appartient d’autant mieux de prendre la parole, que nous avons les plus justes motifs de plainte, nous qui sommes victimes à la fois des outrages d’Athènes et de votre indifférence,
</p><p>« Si les injustices des Athéniens envers la Grèce étaient secrètes, il faudrait éclairer ceux qui pourraient les ignorer ; mais qu’est-il besoin de longs discours contre des gens qui, vous le voyez, ont déjà asservi les uns, dressent des embûches aux autres, surtout à nos alliés, et se sont préparés de longue main à la guerre? Autrement ils ne nous auraient pas enlevé Gorcyre et ils n’assiégeraient pas Potidée, deux places dont l’une est admirablement située pour favoriser toutes les entreprises sur le littoral de la Thrace, tandis que l’autre eût donné aux Péloponésiens une marine imposante.
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