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                    <TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0"><text xml:lang="fre"><body><div type="translation" xml:lang="eng" n="urn:cts:greekLit:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1"><div type="textpart" subtype="book" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1" n="1"><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="53"><p>Ils résolurent en conséquence de faire monter des gens dans une nacelle et de les envoyer sans caducée <note xml:lang="mul"><p>Le caducée (baguette de Mercure) était le signe distinctif des hérauts d’armes ou parlementaires. Si les Corinthiens eussent envoyé un de ces derniers, sa personne eût été respectée, conformément au droit des gens, et le but que les Corinthiens se proposaient n’eût pas été atteint. Son retour au camp n’eût pas été la preuve de la non-hostilité des Athéniens. </p></note> auprès des Athéniens, afin de sonder leurs dispositions; ils les chargèrent d’un message conçu en ces termes :
</p><p>« Athéniens, vous avez tort de commencer la guerre et de

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rompre le traité. Vous mettez obstacle à notre juste vengeance en tournant vos armes contre nous. Si votre intention est de vous opposer à ce que nous fassions voile contre Gorcyre ou ailleurs, à notre volonté, si vous violez ainsi la foi jurée, pre-nez-nous d'abord et nous traitez en ennemis. »
</p><p>A ces mots, les Corcyréens qui étaient à portée de la voix, s écrièrent qu’il fallait les prendre et les tuer, mais les Athéniens répondirent :
</p><p>« Péloponésiens, nous ne commençons point la guerre; nous ne rompons point le traité; mais nous sommes venus au secours des Corcyréens nos alliés. Si donc vous voulez aller quelque autre part, nous n’y mettons aucun obstacle; mais si vous menacez Corcyre ou quelqu'une de ses possessions, nous nous y opposerons de toutes nos forces. »
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="54"><p>Sur cette réponse, les Corinthiens se disposèrent à retourner chez eux et dressèrent un trophée aux Sybota du continent. Les Corcyréens recueillirent les débris et les morts que la vague et un vent survenu pendant la nuit avaient dispersés et jetés sur leurs rivages. Ils dressèrent à leur tour un trophée aux Sybota de l’île, comme vainqueurs. Ainsi chacun des deux partis s’attribua la victoire: les Corinthiens, parce qu’ils avaient eu l’avantage dans le combat naval jusqu’à la nuit, à telles enseignes qu’ils avaient recueilli la majeure partie des débris et des morts, fait plus de mille prisonniers et coulé près de soixante-dix navires ; les Corcyréens, parce qu’ils en avaient détruit une trentaine, et qu’après l’arrivée des Athéniens, ils avaient recueilli les débris et les morts jetés sur leurs côtes ; parce qu'enfin, la veille, les Corinthiens avaient reculé devant eux à la vue de l’escadre athénienne, et n’avaient pas accepté le combat qui leur était offert. Telles furent les raisons pour lesquelles les. deux 'partis se prétendirent vainqueurs et dressèrent des trophées.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="55"><p>Les Corinthiens, en se retirant, s’emparèrent par surprise d’Anactorion, ville située à l'entrée du golfe d’Ambracie, et qu’ils avaient fondée conjointement avec les Corcyréens. Ils y laissèrent une colonie corinthienne et regagnèrent leurs foyers. Parmi les prisonniers corcyréens se trouvaient huit cents esclaves qu’ils vendirent; mais ils gardèrent prisonniers deux cent cinquante citoyens, et leur prodiguèrent toute espèce de soins, afin qu’à leur retour ils les aidassent à soumettre Corcyre, car la plupart d’entre eux appartenaient aux familles les plus puissantes de cette ville. Ainsi Corcyre échappa aux

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annes de Corinthe, et la flotte athénienne se retira. Ce fut pour les Corinthiens un premier sujet de guerre contre les Athéniens, qui, en pleine paix, s’étaient joints aux Corcyréens pour les combattre.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="56"><p>Bientôt après ces événements, on vit éclore de nouveaux germes de discorde entre les Athéniens et les Péloponésiens. Les Corinthiens aspiraient à se venger des Athéniens; ceux-ci, pressentant leurs intentions hostiles, ordonnèrent à Potidée, ville située sur l’isthme de Pallène et colonie de Corinthe, mais alliée et tributaire d’Athènes, d’abattre la muraille qui regardait la Pallène <note xml:lang="mul"><p>Presqu’île sur l’isthme de laquelle était bâtie la ville de Potidée. En détruisant le mur de ce côté de la ville, les Athéniens se ménageaient la faculté d’y entrer quand bon leur semblerait, parce qu’ils étaient toujoprs les maîtres de descendre par mer dans la Pallène. </p></note>, de livrer des otages, enfin de chasser les épidé-miurges<note xml:lang="mul"><p>C’étaient probablement des inspecteurs ou commissaires, comme les harmosles des Lacédémoniens, ou comme les magistrats que ceux-ci envoyaient chaque année à Cythère. Voyez liv. IV, ch. un. </p></note> que Corinthe y envoyait chaque année, et de n’en plus recevoir à l’avenir. Ils craignaient que les Potidéates ne se révoltassent à l’instigation de Perdiccas et des Corinthiens, et que leur exemple ne fût suivi par les autres alliés du littoral de la Thraces<note xml:lang="mul"><p>Désignation ordinaire de la péninsule Chalcidique et de toute la côte septentrionale de la mer Égée jusqu’à Amphipolis. C’est par suite d’un ancien usage que ces pays sont ainsi désignés; car ils étaient plutôt sur les côtes de la Macédoine, la Thrace proprement dite ne commençant à se rapprocher de la mer qu’à l’est du Strymon. Mais anciennement elle s’étendait davantage à ΓΟ. </p></note>.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="57"><p>Ces mesures contre Potidée furent prises par les Athéniens immédiatement après le combat naval. Les Corinthiens ne dissimulaient plus leur animosité contre Athènes, et d’un autre côté Perdiccas, fils d’Alexandre et roi de Macédoine, venait de se brouiller avec les Athéniens, après avoir été leur ami et leur allié. Ce qui l’avait indisposé contre eux, c’était Talliance qu’ils avaient conclue avec Philippe son frère, et avec Derdas <note xml:lang="eng" place="unspecified">Neveu de Perdiccas et de Philippe.</note>, qui s’étaient ligués contre lui. Aussi la crainte lui fit-elle envoyer des députés à Lacédémone, afin d’armer le Péloponèse contre Athènes. Il se ménageait aussi les Corinthiens, en vue de la défection de Potidée; enfin il fit faire des propositions de révolte aux Bottiéens et aux Chalcidéens du littoral de la Thrace. Il pensait que la guerre lui serait plus facile, quand il aurait pour alliés ces peuples voisins. Instruits de ces menées, les Athéniens voulurent prévenir les défections; et, comme en ce moment même ils expédiaient trente vaisseaux et mille hoplites contre Perdiccas, ils ordonnèrent à Ar-chestratos, fils de Lycomédès, et aux quatre <note xml:lang="mul"><p>Le texte porte dix; mais ce chiffre est nécessairement fautif. Le nombre des généraux ordinaires, choisis chaque année par les Athéniens, était de dix, savoir un par tribu. Or, comme il y en aurait eu onze d’après le texte, et qu’au chap. lxi cinq nouveaux sont expédiés, il faudrait admettre la création de six généraux extraordinaires, ce qui serait sans exemple. M. Krüger a donc pensé avec assez de vraisemblance que le texte original portait Δ, c’est-à-dire quatre, chiffre qu’on aura confondu avec δέκα. De cette manière les dix généraux auraient été employés à cette expédition, vu son importance, de même qu’ils l’avaient été à celle de Samos. Voyez liv.I, ch. cxvi. </p></note> autres commandants de cette flotte, de prendre des otages à Potidée, de raser la muraille, et de surveiller les villes voisines pour empêcher leur rébellion.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="58"><p>Les Potidéates envoyèrent une ambassade à Athènes pour obtenir qu’on ne prît pas de mesures nouvelles à leur égard. Ils députèrent aussi à Lacédémone, concurremment avec les


<pb n="30"/></p><p>Corinthiens, afin de s’y ménager des secours à tout événement. Mais, lorsqu’ils eurent reconnu l’inutilité de leurs longues démarches à Athènes, qu’ils virent diriger aussi contre eux la flotte destinée pour la Macédoine, qu’enfin les autorités de Lacédémone leur eurent promis d’envahir l’Attique, si Potidée était attaquée par les Athéniens, alors croyant l’instant propice, ils s’empressèrent de former une ligue avec les Chalcidéens et les Bottiéens et de se mettre en révolte ouverte. Perdiccas persuada aux Chalcidéens d’abandonner leurs villes maritimes, de les détruire et d’aller s’établir loin de la mer, à Olynthe, dont ils feraient leur place d’armes. A ces émigrants il donna, pour toute la durée de la guerre avec les Athéniens, la jouissance de terres à lui appartenant, et situées en Mygdonie, aux environs du lac Bolbé <note xml:lang="mul"><p>La Mygdonie était une province de la Macédoine, située au N. de la Chalcidique, et détendant depuis le fleuve Axios à l'E., jusqu’au golfe Strymonique à ΓΕ.. Le lac Bolbé (aujourd’hui Beschik) se trouve dans cette province, et communique avec le golfe Strymonique par un canal.   </p></note>. Ces peuples donc détruisirent leurs villes, se retirèrent dans l’intérieur et se préparèrent à la guerre.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="59"><p>Cependant les trente vaisseaux d’Athènes arrivent sur les côtes de Thrace et trouvent Potidée, ainsi que les places voisines, en pleine insurrection. Les généraux, ne se croyant pas en mesure, avec les forces dont ils disposaient, de combattre à la fois Perdiccas et les villes révoltées, se tournèrent contre la Macédoine, premier but de leur expédition, et tendirent la main à Philippe et aux frères de Derdas, qui de l’intérieur avaient envahi la Macédoine.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="60"><p>Lorsque les Corinthiens apprirent la révolte de Potidée et la présence d’une flotte athénienne dans les eaux de la Macédoine, ils conçurent des craintes au sujet de leur colonie , et, se regardant comme également menacés, ils y firent passer seize cents hoplites et quatre cents peltastes <note xml:lang="mul"><p>Les peltastes étaient des soldats armés à la légère et destinés à combattre de loin, par opposition aux hoplites, qui se rangeaient en phalange. Leur nom de peltastes venait du petit bouclier échancré (<foreign xml:lang="grc">πέλτη</foreign>) dont la plupart d’entre eux étaient armés. Ils sont fréquemment confondus avec les psiles ou gymnètes, archers, frondeurs, gens de trait et lanceurs de pierres, tous soldats faisant le service de voltigeurs. A Athènes les peltastes n’avaient pas d’armure régulière (IV, xciv); ils n’en reçurent une que du temps d’Iphicrate. </p></note>, composés de volontaires de Corinthe et de soldats recrutés à prix d’argent dans le reste du Péloponèse. A la tête de ces troupes était Aristéus, fils d’Adimantos, dévoué de tout temps aux Potidéates. Ce fut par affection pour ce chef que la plupart des volontaires de Corinthe le suivirent. Cette armée fut rendue sur les côtes de Thrace quaraute jours après la révolte de Potidée.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="61"><p>Les Athéniens ne tardèrent pas à être informés de ces soulèvements. Quand ils surent qu’Aristéus] avait conduit des renforts en Chalcidique, ils y envoyèrent deux mille hoplites d’Athènes et quarante vaisseaux, commandés par Callias, fils de Calliadès, avec quatre autres généraux. A leur arrivée en Macédoine, ils trouvèrent les mille hommes de la première expédition maîtres de Thermé depuis quelques jours, et faisant le

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siège de Pydna. Ils campèrent eux-mêmes sous les murs de cette place qu’ils achevèrent d'investir. Cependant, comme ils avaient hâte d’atteindre Potidée, où Aristéus était déjà, ils se virent forcés de conclure un accommodement et une alliance avec Perdiccas ; puis ils quittèrent la Macédoine. Parvenus à Berrhée <note xml:lang="mul"><p>Berrhée était une ville de l’Émathie en Macédoine, au N. O. de Pydna et à cent soixante stades du golfe Thermaïque. En essayant un coup de main sur cette place, les Athéniens violaient la paix qu’ils venaient de conclure avec Perdiccas. Ce fut peut-être cette perfidie qui engagea ce prince à rompre de nouveau avec eux. </p></note>, ils firent une tentative contre cette ville; mais n’ayant pu s’en emparer, ils changèrent de direction et prirent la route de terre pour marcher contre Potidée, avec trois mille hoplites, renforcés d’un grand nomhre d’alliés et de six cents cavaliers macédoniens sous les ordres de Philippe et de Pausanias <note xml:lang="mul"><p>Probablement un de ces frères de Derdas, dont il est parlé au chap. lix. </p></note>. En même temps la flotte, forte de soixante-dix voiles, rangeait la côte. Ils marchaient à petites journées, et mirent trois jours à gagner Gigonos<note xml:lang="mul"><p>Petite ville de Macédoine, sur un promontoire du golfe Thermaïque. </p></note>, où ils campèrent.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="62"><p>Les Potidéates et les Péloponésiens d’Aristéus attendaient les Athéniens dans un camp placé sur l’isthme, du côté d’Olynthe. On avait établi un marché hors de la ville. Les confédérés avaient élu pour chef de toute l’infanterie Aristéus, et pour chef de la cavalerie Perdiccas. Celui-ci avait promptement abandonné les Athéniens pour revenir aux Potidéates, et s’était fait remplacer dans le commandement par Ioîas. Le plan d’Aristéus consistait à occuper l’isthme avec ses propres troupes et à surveiller l’approche des Athéniens, tandis que les Chal-cidéens, leurs alliés du nord de l’isthme et les deux cents cavaliers de Perdiccas, resteraient en observation à Olynthe, avec ordre de prendre à revers l’année athénienne à son premier mouvement offensif contre Potidée.
</p><p>Le général athénien Callias et ses collègues détachèrent vers Olynthe la cavalerie macédonienne avec quelques alliés, afin de neutraliser les troupes réunies devant cette place; puis ils levèrent le camp et marchèrent contre Potidée. Lorsqu’ils furent à l’isthme et qu’ils virent les ennemis se ranger en bataille, ils suivirent leur exemple, et bientôt après l'action s’engagea. L’aile que commandait Aristéus, formée de soldats d’élite, Corinthiens et autres, mit en fuite le corps qui lui était opposé et le poursuivit au loin ; mais le reste de l’armée potidéate et pé-loponésienne fut vaincu par les Athéniens et se réfugia dans la ville.                                             ·
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="63"><p>A son retour de la poursuite, Aristéus, voyant que cette partie de l’armée avait été défaite, hésita d’abord de quel côté il tenterait de faire retraite, vers Olynthe ou vers Potidée. Le parti auquel il s’arrêta, fut de serrer sa troupe autant que possible et de se jeter à la course dans Potidée. Il y réussit, non

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sans peine, en marchant dans la mer le long de la berme<note xml:lang="mul"><p>En termes de constructions maritimes on appelle herme ou fisberme un enrochement destiné à protéger contre les vagues le pied d’un mur baigné par la mer. </p></note> et sous une grêle de traits <note xml:lang="mul"><p>Potidée occupait toute la largeur de l’isthme, et ses murs étaient de part et d’autre battus par les flots. Aristéus ne pouvait pénétrer dans la ville par les portes dites de Thrace, tournées vers le continent, et apparemment fermées pour empêcher les Athéniens de s’y jeter tout d’un trait avec les fuyards. Il fut donc obligé dé gagner les portes ouvrant sur la Pallène, et pour cet effet de longer le pied du mur de la ville, en s’exposant aux traits des vaisseaux Athéniens. </p></note>. Il perdit quelques hommes, mais il sauva le plus grand nombre.
</p><p>Quant au corps placé en observation en avant d’Olynthe, — cette ville s’aperçoit de Potidée, dont elle n’est éloignée que de soixante stades<note xml:lang="mul"><p>Le stade, mesure de distances, équivaut à cent quatre-vingt-cinq mètres. Il faut huit stades grecs pour faire un mille romain. </p></note>,— lorsqu’on eut arboré les signaux et que l’action fut engagée, il fit un mouvement en avant pour y prendre part; mais les cavaliers macédoniens lui barrèrent le passage. D’ailleurs, comme la victoire se déclara promptement en faveur des Athéniens, l’armée d’Olynthe, voyant les signaux abaissés, rentra dans la place, et les Macédoniens rejoignirent les Athéniens. Ainsi des deux côtés la cavalerie ne fut pas engagée.
</p><p>Après ce combat, les Athéniens érigèrent un trophée et rendirent les morts par composition. Les Potidéates et leurs alliés avaient perdu un peu moins de trois cents hommes ; les Athéniens cent cinquante, avec Callias leur général.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="64"><p>Aussitôt les Athéniens tracèrent des lignes et bloquèrent la ville du côté de l’isthme<note xml:lang="mul"><p>Le mur construit par les Athéniens pour bloquer la ville du côté de l’isthme devait être double, afin d’être à l’abri des attaques du dehors. Celui qu’ils élevèrent plus tard du côté de la Pallène pouvait être simple, puisqu’il n’y avait rien à craindre de la part de la péninsule. Une fois ces murs élevés, il suffisait d’une garnison pour les défendre; le reste de Tannée devenait disponible. </p></note> ; mais ils laissèrent libre le côté qui regarde la Pallène. Il leur semblait impossible de passer dans cette presqu’île pour y établir des lignes obsidionales, tout en continuant à garder l’isthme; se diviser ainsi, n’eût été prêter le flanc aux attaques des ennemis. Lorsqu’on sut à Athènes que Potidée n’était pas investie du côté de la Pallène, on envoya un renfort de seize cents hoplites athéniens, sous les ordres de Phormion, fils d’Asopios. Ce général arriva dans la Pallène; et, prenant Aphytis<note xml:lang="mul"><p>Petite ville maritime, sur la côte S. O. de la Pallène. </p></note> comme point de départ; il s’avança lentement vers Potidée en ravageant le pays. Personne ne se présenta pour le combattre, et il éleva une circonvallation du côté de la Pallène. Ainsi Potidée se trouva étroitement cernée de part et d’autre, en même temps que la flotte la bloquait par mer.
</p></div><div type="textpart" subtype="chapter" xml:base="cts:urn:tlg0003.tlg001.1st1K-fre1:1" n="65"><p>Aristéus, voyant la place investie et sans espoir de salut, à moins d’un secours du Péloponèse ou de quelque autre événement inespéré, conseilla aux Potidéates de ne laisser dans la ville que cinq cents hommes, pour ménager les vivres, et de profiter du premier vent favorable pour faire sortir le reste de la population. Il offrait d’être lui-même au nombre des demeurants; mais son avis ne fut pas goûté. Voulant donc prendre les dispositions devenues nécessaires et mettre dans le meilleur ordre possible les affaires du dehors, il sortit par mer, en se dérobant à la croisière athénienne. Il se rendit chez les Chalcidéens,

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et fit la guerre de concert avec eux. C’est ainsi qu’il tua bon nombre de Sermyüens<note xml:lang="mul"><p>Sermylé, petite ville située sur l’isthme de la la presqu’île Sithonia, à ΓΕ. de la Pallène. Elle était alors alliée des Athéniens. </p></note> dans une embuscade qu’il leur tendit sous les murs de leur ville. En même temps, il agissait dans le Péloponèse pour obtenir quelque secours. Après l’investissement de Potidée, Phormion prit avec lui sa troupe de seize cents hommes et alla ravager la Chalcidique etla Bottique<note xml:lang="mul"><p>Pays habité à cette époque par les Bottiéens, peuple d’origine grecque et alors allié des Chalcidéens. Ce pays était situé à ΓΕ. de      <pb n="494"/> </p><p>Potidée et du golfe Tliermaïque. Primitivement les Bottiéens avaient habité à ΓΟ. de ce golfe, sur la rive droite du fleuve Axios; mais ils avaient été chassés de là par les Macédoniens. Le nom de Bottiée ou Bottie était resté à leur ancien pays «(II, xc). Il ne faut donc pas confondre la Bottiée, province macédonienne (capitale Pella), avec la Bol-tique f habitée par des Grecs. Dans l’invasion de la Macédoine (II, c, ci), Sitalcès ravage la Bottique, mais ne pénètre pas jusqu’à la Bottiée. </p></note>, où il s’empara de quelques bourgades.
</p></div></div></div></body></text></TEI>
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